
Kayo Dot
07/11/2009
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Par Jean-Daniel Kleisl
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CONCERT : KAYO DOT
Abscons pour les uns, géniaux pour les autres, si Toby Driver et ses sbires ne laissent personne indifférent, les Américains ont bien eu du mal à attirer la foule (une trentaine de spectateurs à peine) dans une Usine helvète qui a pourtant le mérite de faire salle comble en temps normal. Sans surprise, leur prestation, techniquement parfaite, pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. L’avant-gardisme pour l’avant-gardisme, impression ressentie par moment, n’est-il pas une voie sans issue ? Setlist : Marathon – Immortelle and Paper Caravelle – Blue Lambency Downward – The Manifold Curiosity – Gemini Becoming the Tripod – Amaranth the Peddler – The Useless Ladder – Pitcher of Summer – __on Limpid Form La prestation de près d’une heure trois-quarts, qui débute avec du retard, est à l’image de sa pièce introductive « Marathon ». Les longs passages introspectifs proches d’un post rock a-structuré et souvent joués à la guitare par un Toby Driver esseulé alternent avec des parties d’une violence extrême au chant hurlé (toujours par Toby), qui laissent les spectateurs pantois. Le concert appelle la patience, l’attente du déclic, du plus qui accroche. L’impression, assez nette au demeurant, est d’entendre Toby Driver and his Band plutôt que Kayo Dot. Avant une petite pause salutaire, le groupe prouve enfin qu’il mérite son appellation avec un « The Manifold Curiosity » où le violon de Mia et les clarinettes de Terran Olson et Daniel Means se mettent admirablement en évidence, dans un contexte à la fois puissant (quelle rythmique de David Bodie !), mélodique et tout en finesse. Sommet du set, cette composition enlevée permet de renouveler l’intérêt pour une suite que l’on espère passionnante. Si « Gemini Becoming the Tripod » fait illusion quelques instants, « Amaranth the Peddler » retombe dans les travers onanistes de l’ami Toby. Le groupe apparaît sous-utilisé : quel dommage pour de tels musiciens ! Les morceaux joués sont pourtant issus de toute la discographie, dont les puissants Choirs of the Eye et Dowsing Anemone with Copper Tongue. C’est à n’y rien comprendre ! Il manque quelque chose… ou plutôt quelqu’un. Dans ce haut lieu de la culture alternative genevoise, le groupe a laissé une impression pour le moins mitigée, entre instants – trop rares – proprement géniaux du point de vue du message musical d’avant garde qu’il délivre et masturbation intellectuelle sans issue. Kayo Dot n’a pas semblé en mesure de surpasser l’appellation de backing band de Toby Driver. Cruelle désillusion. Jean-Daniel Kleisl site web : Kayo Dot |