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24 Septembre 2018

Wolfgang Mitterer

Nine in One

par Choreo

Et si l'on vous disait qu'il était possible de réunir tous les thèmes des neuf symphonies de Ludwig van Beethoven en un peu moins d'une heure, vous n'y croiriez sûrement pas ! C'est pourtant bien le défi que s'est lancé le compositeur autrichien Wolfgang Mitterer (d'où le titre Nine in One . Défi réussi, oui, mais à quel prix ?

Accrochez vos ceintures car du début jusqu'à la fin de cet album vous allez être propulsé dans un grand huit (ou plutôt un grand neuf) étourdissant. Pour compiler toutes les mélodies de la série symphonique de Beethoven, on se doute bien qu'il y aura un recours au montage. C'est ici le terme de remix que l'on utilisera car en effet c'est un enregistrement de ces neuf partitions par le Haydn Orchestra of Bolzano and Trento (dirigé par Gustav Kuhn) que le compositeur manipule. Mais ce n'est pas tout, il y incorpore des guitares, voix et textures électroniques. Tout cela forme un curieux mélange qui n'est pas inintéressant mais qui est épuisant... L'agencement complexe que nous propose W. Mitterer donne le tournis. Des vagues sonores, des fragments symphoniques, une voix qui vous bégaie dans l'oreille, alerte overdose ! C'est comme si l'on visitait à la vitesse de la lumière l'esprit de Beethoven. Ça fourmille dans tous les sens et les informations fusent. Un coup de musique atonale par ci, une guitare à la Pat Metheny par là, avec un soupçon de bruitages (une sirène de police notamment), ce n'est pas un remix comme les autres.

L'idée est bonne mais la réalisation pêche. Pas un instant de pause et pas forcément de surprises... On est certes étonné par le rythme effréné des compositions au début de l'album mais cette frénésie devient lassante et même si ce n'est pas une écoute confortable, on passe rapidement à une écoute passive. C'est le chaos... Mais cette zizanie arrive tout de même à être calibrée avec le titre « 9in1 Satz 3 ». C'est avec ce morceau que le concept est le plus maîtrisé. Notre lecteur CD semble détraqué, c'est une machine incontrôlable. Des éclairs de génie émergent au milieu de la masse d'informations et le montage est astucieux. Les compositions de Beethoven prennent des aspects «Stravinskiens» aux touches électroniques. Mais à part ce titre, aucun ne se démarque et l'on a d'ailleurs un peu l'impression d'écouter une seule et même composition. Sur ce point Wolfgang Mitterer a réussi son pari mais ça ne fait que renforcer le caractère bordélique.

Les assemblages sont trop précipités et l'on n'a pas le temps de comprendre ce qu'il nous arrive ni même de savourer la performance de l'orchestre (très bien enregistré au passage). Des moments de pause ou tout simplement moins d'informations auraient probablement permis à Wolfgang Mitterer de nous offrir un album plus abouti. Cependant ce Nine in One reste une expérience et il marquera sûrement vos esprits. Épileptiques, s'abstenir...

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