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05 Juillet 2017

Charles Snider

The Strawberry Bricks Guide To Progressive Rock

par Jean-Philippe Haas

La première édition de ce pavé consacré au prog' remonte à 2008 et comptait alors un peu moins de quatre cents pages. Une couverture psychédélique façon « Alice aux pays des merveilles » semblait inviter le lecteur potentiel à détourner le regard de cet objet pour se prémunir d'un décollement de la rétine. La couverture de la seconde édition « révisée et augmentée » est à l'inverse d'une sobriété digne de la page de garde d'une thèse sur le plasma de bord des tokamaks. Certes, ce n'est pas l'extérieur qui nous intéresse, mais on espère qu'une éventuelle troisième mouture sera munie d'un visuel susceptible d'attirer l'attention et de convaincre la poignée d'acquéreurs éventuels ( pourquoi pas une photo de Rick Wakeman derrière son mur de claviers, enveloppé dans sa cape de lumière ?).

Mais coupons court à la digression et intéressons-nous au contenu. Tout d'abord, il faut constater que le volume a sacrément pris de l'embonpoint puisqu'il dépasse allègrement les six cents pages. Après une introduction ponctuée de quelques repères sociologiques et chronologiques, Snider présente, de 1967 à 1982, un choix assez complet d'albums sous forme de chroniques plutôt concises et sans trop de verbiage inutile, replaçant chaque disque dans son contexte. La période 1970-1975, âge d'or du prog', est clairement privilégiée et représente le gros des 476 critiques. Parmi elles, il y a les grands classiques, forcément, sur lesquels tout a déjà été dit ou presque, et des disques plus confidentiels, représentant toutes les « branches » du genre, y compris les musiques électroniques, le Rock in opposition ou encore la zeuhl. La sélection française illustre bien ce parti pris de vouloir parler aussi d'artistes moins connus de même que de genres évoluant à la frontière du rock dit progressif : Ange, Magma, Jean-Michel Jarre, Christian Vander, Didier Malherbe, Clearlight côtoient Atoll, Mona Lisa, Pulsar, le Heldon de Richard Pinhas et Jean-Jacques Kravetz. Les choix sont parfois discutables mais c'est le lot de toute anthologie. Ainsi, seul le premier Asia (Asia, du prog, vraiment ?) trouve grâce aux yeux de Snider pour l'année 1982, alors que les albums de Rush, Mike Oldfield ou Alan Parsons parus la même année et bien plus ambitieux auraient peut-être mérités davantage de figurer là, pour ne parler que des artistes apparus pendant la première « ère » du prog, sujet principal du livre. Concernant les chroniques proprement dites, on ne sera pas toujours non plus de l'avis de l'auteur, mais celui-ci ne dérive pas trop vers l'encensement abusif, pointant autant les forces que les faiblesses de chaque œuvre. Après un court épilogue dans lequel il expédie un peu rapidement les trois décennies suivantes, Snider retranscrit les entretiens exclusifs qu'il a menés avec, notamment, Martin Barre (Jethro Tull), Pye Hastings (Caravan), Derek Shulman (Gentle Giant), David Jackson et Hugh Banton (Van Der Graaf Generator), John Wetton (King Crimson, Asia), Rich Williams (Kansas), Steve Hillage, mais aussi quelques autres un peu moins connus comme par exemple Eroc (Grobschnitt) ou Dave Lawson (Greenslade). C'est sans aucun doute la partie la plus intéressante du livre car l'auteur a demandé aux artistes d'évoquer avant tout leur parcours depuis leur jeunesse de l'après-guerre jusqu'à cette époque dorée des années soixante et soixante-dix où presque tout était possible.

Les livres-catalogues traitant du rock progressif sont nombreux, mais peu sont réellement dignes d'intérêt. The Strawberry Bricks Guide To Progressive Rock, malgré son austérité et son absence totale de photos, surnage néanmoins grâce à la variété de sa sélection et aux entretiens qu'il propose. Une bonne acquisition… pour les anglophones.

Commentaires 

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