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27 Septembre 2005

Totalisti

Slave To None

par Djul
Dernière signature de Magna Carta, le label américain bien connu de prog-metal, Totalisti nous vient de l’Etat du Washington, et n’a pas l’air content !

Mélangeant allégrement les genres en vogue sur ces dix dernières années aux Etats-Unis, le groupe navigue entre rock musclé, grunge, néo-metal dans ses moments les plus enlevés, avec bien entendu le minimum syndical de metal progressif sans lequel il ne figurerait pas dans nos pages ! Pour lier la sauce – épaisse – concoctée par Totalisti, prononcez «Totalistaille» comme Ophélaille (ils insistent dans leur biographie officielle !), Scott Rockenfield, batteur de Queensrÿche, est aux manettes, avec une réussite certaine.

Le disque, trop inégal, ne parvient cependant pas à soutenir la comparaison avec les meilleures formations des mouvements précités. Pourtant les choses commencent bien avec «Sick of It All» et «Fallen», deux titres très efficaces, avec un son presque néo-metal, et un mélange entre couplets agressifs et refrains chaloupés avec chœurs, ainsi qu’un inévitable «break» (mélodique pour le premier, nerveux et ponctué d’un solo pour le second). On est vite frappé par la voix «caméléon» de Mark Stockwell, qui passe du registre de James Hetfield (la ressemblance est saisissante) à Fred Durst, en passant par celui des chanteurs grunge. Le tout est parfois souligné des chœurs du batteur, en voix claire ou franchement hurlée (un peu comme ce que Pro-Pain a pu faire). Certaines fusions les plus improbables sont réussies avec «ETA», couplet syncopé à la Pantera et refrain lascif à la Alice In Chains ou «Severed Ties» qui débute sur un riff à la Queensrÿche avant de suivre les traces de Linkin Park.

Mais le groupe a du mal à trouver un second souffle à partir de là, et l’aspect linéaire de ce qui reste du metal se fait sentir, surtout sur le dernier tiers, avec les indigents «The Call» ou «House of Mirrors». Ainsi, lorsqu’il n’incorpore par des éléments tirés de la musique d’autres artistes, la qualité des compositions baisse significativement.

Pot-pourri metal bien fait, et parfois surprenant, Slave To None pourra plaire aux fans du genre qui ne sont pas trop regardant sur l’originalité d’ensemble. Si on apprécie la démarche de mélanger les styles au sein des titres, l’aspect un peu factice ressort parfois, et lorsque le groupe se veut plus homogène, il lasse vite. Cependant, aux vues de leurs idées et de leur bagage technique honnête, les Totalisti pourraient bien surprendre sur leur prochain essai. A suivre, donc.
  • Année: 2005
  • Label: Magna Records

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