:(
15 Août 2005

Métabolisme

Tempus Fugit (rééd.)

par Jean-Daniel Kleisl
Mais d’où sort cette pochette digne des plus infâmes groupes de black metal norvégiens ? Qui sont les visages lugubres, les pantins désarticulés accompagnés d’une sorte de sorcière noire, qui peuplent cette image ? Métabolisme est un groupe de progressif français auteur d’un unique album en 1977, donnant, qui plus est – restons dans le ton de ce 15 août -, dans la bondieuserie. Nouvelle preuve s’il en fallait que les extrêmes peuvent aisément se rejoindre.

Métabolisme s’est formé dès 1969 et, en 1971, connaît sa formation définitive, avec Robert Durantet (chant et guitares), Jackie Poillot (basse), Thierry Scudato (clavier et voix) et Carmine Versace (batterie). Le groupe écume le sud de la France et joue dans de nombreux festivals en Italie, avant de « monter » vers la capitale en 1974, pour jouer au Golf-Drouot. Ce n’est qu’en 1977 que Métabolisme peut enregistrer ce Tempus Fugit .

A l’écoute de cet album de trente-huit minutes, on ne peut que constater l’énorme influence que constituait Ange à cette époque. C’est à ce point vrai que Métabolisme tente même d’en imiter les inflexions musicales et vocales. Certes, les musiciens sont compétents et ont quelques bonnes idées, comme par exemple l’instrumental « Tempus ». Mais il leur manque justement ce souffle créateur que possèdent les frères Décamps ! Sur « Apôtres et Martyrs », le morceau long de l’album, outre une bondieuserie de mauvais aloi, le groupe singe Ange – et dans une moindre mesure Atoll dans les passages acoustiques – sans y parvenir ! Les trois morceaux restants trouvent leur intérêt dans des parties instrumentales soignées et puissantes, mais datées même pour l’époque.

Musea a sorti de l’oubli un groupe symptomatique de son temps. Et, malgré une tentative d’écriture d’un second disque, le groupe se sépara en 1979, emporté comme bon nombre de formations progressives par la vague punk et la new-wave. Cette réédition pourra plaire à certains collectionneurs mais on est bien loin de la qualité de groupes italiens de statut équivalent qui, à la même époque, n’ont sorti certes aussi qu’un seul album, mais qui marquent encore les esprits, tels Maxophone, Apoteosi, Museo Rosenbach et autre Semiramis, sans parler des Argentins de Bubu. Des disques uniques d’importance historique, il y en a donc quelques-uns… et Métabolisme n’y figure pas ! Rappelons enfin que, tout juste un an après, Ange a sorti son meilleur album, Guets-Apens , qui avait largement de quoi faire oublier ce décevant Tempus Fugit .
  • Année: 2005
  • Label: Musea

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir