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11 Août 2005

Pocketful

Sparkling

par Djul
« Encore des Suédois amateurs de progressif ? » serait-on tenté de dire, tant cette scène semble engendrer les talents sans relâche, dans des genres aussi différents que le progressif pur (Flower Kings), le metal progressif (Pain of Salvation) voire son avatar death (Opeth) mais aussi le… prog metal (Anekdoten). Fort d’une première expérience dénommée Masque, dans ce genre devenu spécialité nationale (Masque, qui sortit deux albums, certains anciens titres étant d’ailleurs présents sur ce nouveau disque), Pocketful sort Sparkling, son premier disque, pour un résultat encore un peu juste devant pareille concurrence.

Le propos de Pocketful, comme ses prédécesseurs de Galleon par exemple, est clairement de faire revivre un néo-progressif quelque peu moribond depuis la seconde moitié des années quatre-vingt-dix. Pour ce faire, le groupe emprunte toutes les « grosses ficelles » du genre, à commencer par un chanteur à la voix plaintive qui rappelle le Fish de Script for a Jester’s Tear, en la personne de Jerker Rellmark. Bien que le pauvre soit sûrement né avec de telles cordes vocales et ne cherche pas à singer le géant écossais, la ressemblance est franchement désagréable par moments.
Musicalement, Pocketful mêle une pop progressive à la It Bites à des éléments typiquement néo - un clavier aux sons assez typés -, Johan Engström se plaisant à distiller quelques accords de guitares plaqués à la Alex Lifeson. Le tout est très direct et accrocheur, mais manque cruellement d’originalité.

Le meilleur moment du disque reste le morceau de David Sylvian, le poignant « Before The Bullfight », enchaîné avec le sautillant « It’s Nice » et le désabusé « Don’t Know Much » singularisé par un solo de trompette, comme si le groupe avait voulu contrebalancer le poids de cette reprise réussie par deux titres constituant ses meilleurs compositions originales. Le groupe manque encore d’expérience sur les passages plus sombres, assez quelconques, ou au contraire sur les titres les plus néo, par moment niais.

Encore trop peu armé pour faire face au talent de groupes installés comme Arena ou de petits nouveaux turbulents comme ACT ou Carptree, Pocketful devra attendre au moins un album pour atteindre le niveau qui le fera accéder à la reconnaissance. Mais des signes sont évidents d’un réel potentiel, dans cette approche concise et mélodique. Bref : tout ce qui brille n’est pas d’or, mais avec un effort…
  • Année: 2005
  • Label: Musea

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