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05 Décembre 2004

Pink Floyd

The Division Bell

par Greg Filibert
Après plusieurs tournées mondiales à n’en plus finir, Pink Floyd remet le couvert pour un dernier album studio, toujours sans Roger Waters. Tournant autour du thème de la communication, The Division Bell - titre soufflé par le peu ordinaire écrivain de science-fiction Douglas Adams (The Hitchhickers Guide to the Galaxy et ses diverses ‘suites’) contre une contribution de £5000GBP à la cause des rhinocéros -, comporterait une énigme (« Publius Enigma ») qui jusqu’à ce jour n’a jamais été résolue, ni étayée par le groupe d’ailleurs.
De nombreux fans ont élaboré un nombre incroyable de théories plus ou moins farfelues sur la question, que nous ne développerons pas ici. Nous vous conseillons de vous reporter aux sites Signs Of Floyd et publiusenigma pour en apprendre d’avantage.

L’album s’ouvre sur « Cluster One », une petite perle introductive d’une rare intensité émotionnelle et à la simplicité déconcertante, dégageant à la fois une quiétude savoureuse et une tristesse infinie. On est tantôt bercé par le lyrisme envoûtant d’une guitare fantomatique et chaleureuse, tantôt titillé par quelques notes de piano hypnotiques et émouvantes. On ne pouvait mieux démarrer ce disque : le trio semble plus à l’aise, définitivement débarrassé de l’ombre persistante de Waters.
Il en découle quelques titres plus pop qu’à l’accoutumée, de qualité variable (« Poles Apart », « Take It Back » ou « Coming Back To Life »), sans abandonner les ambiances planantes qui ont fait le succès du groupe, comme en témoigne le très beau « A Great Day For Freedom ». David Gilmour délivre une très belle prestation guitaristique tout au long de cet album, parmi les meilleures de toute sa carrière. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter une oreille au classieux instrumental « Marooned », à « Keep Talking » - dont un surprenant solo de talk-box - ou encore le magnifique « High Hopes », le single au refrain prenant, aux arrangements élégants et qui s’achève sur un frémissant solo de lap-steel.

Parlons de la production, car celle de The Division Bell atteint un degré de perfection rarement égalé ! Le mixage est parfait, le spectre sonore est large et profond, les sons de guitares pimpantes touchent le sublime, les synthés de Wright sont d’une clarté éblouissante… En bref, Pink Floyd n’a jamais sonné aussi bien qu’ici, et on peut féliciter Bob Ezrin, Chris Thomas et David Gilmour pour le travail accompli !

Le groupe perd un peu de sa grandiloquence sur The Division Bell, mais gagne en cohérence et en assurance par rapport à A Momentary Lapse Of Reason. Malgré l’absence de Waters, la magie est toujours présente et Pink Floyd fait toujours du Pink Floyd.
  • Année: 1994
  • Label: EMI

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