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13 Août 2004

Musical Witchcraft

Utopia

par Djul
Musical Witchcraft est un projet d’Attila Kollár, l’un des leaders du groupe hongrois le plus culte du milieu progressif, Solaris. Ce dernier ayant fait un come back apprécié, tant en studio que sur scène, Kollár a décidé de s’investir dans un nouveau concept, proche de la musique médiévale ou new age. A ceux qui commencent déjà à bouger leur souris pour s’enfuir vers d’autres pages : il s’agit d’un concept assez riche musicalement et qui ne résume absolument pas à une succession de plages ambient ! Mais, hélas, une fâcheuse monomanie entame sérieusement l’intérêt de ce projet.

Les membres de Solaris étant très proches les uns des autres, c’est tout naturellement que Kollár a fait appel à ses collègues Tamás Pócs (basse) et László Gömör (batterie) pour cette illustration du livre de Thomas More. Qu’on ne se méprenne pas néanmoins : seuls les amateurs de flûtes seront comblés par cet album, qui est avant tout dédié à cet instrument, plus encore qu’un disque de Jethro Tull par exemple. Et c’est bien là que le bât blesse, à moins d’avoir une passion pour les instruments à vent. Malgré la présence de bien d’autres musiciens, Kollár et sa flûte sont en charge de l’ensemble des mélodies ou presque. Pas une minute ne se passe sans qu’elle revienne au galop, même dans les passages les plus enlevés : « Prophets and Day-Dreamers », un titre assez heavy sur lequel les guitares sont mises en avant, est truffé d’interventions au pipeau ! C’est finalement sur les plages les plus atmosphériques (et elles sont assez nombreuses) que ce parti-pris fonctionne le mieux, mettant en valeur l’inspiration folk du projet, avec les guitares et basses acoustiques. La musique de chambre est également une source de thèmes pour le groupe, qui fait intervenir violons et hautbois sur « At The Light Of The The Stake’s Fire ».

Partant d’une idée assez originale, Musical Witchcraft s’avèrera pénible à l’écoute, sauf goût immodéré pour l’instrument de torture des classes de collège. Si l’instigateur du projet s’était mis plus en retrait, et si au lieu d’une formule entièrement instrumentale, il avait ajouté des voix et des chœurs, le résultat aurait sans aucun doute été plus probant. Restent les passages les plus calmes du disque, plus réussis et à même de séduire les amateurs de prog-folk à la Karnataka.
  • Année: 2004
  • Label: Periferic Records

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