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26 Janvier 2011

Renaissance

Renaissance

par Jean-Philippe Haas
Alors que les changements incessants de personnel et l’absence de réelle consécration de leur travail en studio empêchent The Yardbirds – alors menés par Jimmy Page – d'accéder au succès commercial, leur chanteur Keith Relf et leur batteur Jim McCarty quittent le navire pour fonder Renaissance. Deux albums verront le jour avant une mue complète et l'arrivée d'Annie Haslam, Renaissance en 1970 et Illusion en 1971.

Le disque éponyme pose déjà les fondements d'un succès à venir : un habile mélange de folk et de rock intégrant une importante composante classique via les apports massifs du piano et occasionnellement du clavecin. Le chant est alors tenu par McCarty, Relf et sa sœur Jane, dont le timbre préfigure celle qui lui succédera deux ans plus tard.

Cette musique plutôt originale pour l'époque présente encore une certaine parenté avec The Moody Blues, mais ce premier album défie déjà les formats et dévoile un désir net d'expérimentation, en particulier sur les deux longs titres qui ouvrent et ferment le disque. Là où l'épique « King and Queens », aux légers accents orientaux, possède les caractéristiques de toute bonne composition de rock progressif classique qui se respecte, « Bullet » va nettement plus loin : de blues rock en jazz le morceau vire rapidement à l'impressionnisme sonore, par une succession de plages atmosphériques instrumentales et vocales.

Renaissance balaie large et n'a pas encore trouvé sa voie, mais affiche assurance et ambition artistique. Malgré ce remarquable coup d'essai dont sera tiré un single (présent sur cette réédition sous forme de bonus), le groupe commence déjà à se dissoudre... pour renaître en 1972 sous une nouvelle incarnation qui connaîtra un bien plus vif succès.
  • Année: 2010
  • Label: Esoteric Recordings

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