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06 Octobre 2010

Year of No Light

Ausserwelt

par Jérémy Bernadou
Des Français qui pratiquent du doom / sludge à l’américaine tout en laissant entrevoir une véritable patte dès leur premier album en 2006, voilà qui n'est pas commun. Le groupe a décidé de changer la donne pour son successeur, en abandonnant la langue de Molière. Les racines screamo de Year of No Light s’éloignent ainsi davantage, afin d'exploiter en profondeur les envolées instrumentales qui constituent leur marque de fabrique.

Ausserwelt ne se démarque pas par une instrumentation variée à l'instar d'un The Ocean. La musique est brute et n’a pas besoin d’artifices pour exprimer l’essentiel. Un recueil noir, peuplé de vagues échos qui enrichissent considérablement l’espace sonore, comme si la formation construisait un édifice massif d’une stabilité sans pareille, aux envolées de guitares et de boucles tournoyantes typiquement post-rock, noyées sous une horde de pédales d’effets en tout genre.

Le procédé est d'autant plus maîtrisé que Year of No Light permet à sa mixture de « respirer ». Les musiciens font tout pour recadrer leurs influences de façon cohérente et souvent surprenante, comme en témoigne la deuxième moitié de « Hiérophante » et sa batterie assénant une rythmique aux limites du black metal. La production n’est peut-être pas aussi percutante que celles d'Isis ou de Neurosis, mais le but recherché s'en ressent malgré tout : un rendu progressif où les structures se mettent en place le plus naturellement du monde.

L’impression de distance qui se dégage met ainsi en lumière une approche de l'écriture assez subtile. Inutile donc de proposer aux esgourdes du public des dynamiques claires et propres. Ici, tout se situe en souterrain, pour mieux mettre en valeur une cohésion d’ensemble. Une façon brute de concevoir la musique certes, mais tout est tellement travaillé et efficace que cette austérité se révèle être un choix clairement assumé.
  • Année: 2010
  • Label: Conspiracy Records

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