:|
03 Septembre 2010

Hypnos 69

Legacy

par Jean-Daniel Kleisl
On les croyait morts et enterrés ! Hé bien non, Hypnos 69 revient en grande forme avec un album longeant les rivages d'un prog vintage de qualité. Indéniablement, leur rock psychédélique fait mouche même si les quatre années qui se sont écoulées depuis The Electric Measure n'ont pas réellement permis une réelle évolution dans le propos des Belges. Peut-être faut-il invoquer le fait que le stoner rock de Kyuss se fait peu à peu diffus et cède la place, plus que par le passé, aux influences de King Crimson, Hawkind et Van der Graaf Generator.

Des compositions comme « The Aerial Architect » renvoient directement au King Crimson de 1969 avec Ozzy Osbourne à la voix qui aurait remplacé Greg Lake. Les emprunts sont tels qu'ils donnent l'impression d'influences mal digérées – « My Journey to the Stars » est une réminiscence de Pink Floyd (sans parler du repiquage pur et simple de « Fracture » à la treizième minute de « Great Work »).

Néanmoins, le propos reste aventureux : l'instrumentarium est varié, notamment pour les claviers (orgue Hammond, piano Rhodes, Moog, Korg, Theremin et l'omniprésent Mellotron), utilisés avec intelligence, et la guitare de Steve Houtmeyers s'avère tout simplement exceptionnelle tout au long de l'album. On regrettera toutefois la longueur du « Requiem (for a Dying Creed) » et de « Great Work », les deux pièces épiques de l'album qui pêchent par leur trop grande complexité malgré des moments très enlevés (les soli de guitare évidemment).

Avec Legacy, Hypnos 69 a sans doute raté le coche du retour totalement réussi mais n'en reste pas moins l'un des tenants les plus solides de la scène prog psychédélique. Toujours à la recherche d'un contour mélodique intriguant (le très jazzy « Jerusalem »), les compositions fort bien construites dépassent de loin toute cette horde de formations psychédéliques instrumentales scandinaves infoutues de proposer autre chose que des jam sessions sans queue ni tête. Les fans adoreront, de toute façon !
  • Année: 2010
  • Label: Elektrohasch Records

Poster un commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir