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09 Juin 2010

Klotet

Det Har Aldrig Hänt Och Kommer Aldrig Hända Igen

par Jean-Daniel Kleisl
Ces Suédois démontrent à quel point la maxime « l'habit ne fait pas le moine » reste d'actualité ! Si le soubassement de leur musique se situe clairement entre la fin des années soixante et le début des années soixante-dix, rien n'est ici véritablement passéiste. Certes King Crimson n'est pas loin (les arrangements de guitare), certes les sons des claviers feraient pâlir de jalousie le Keith Emerson de 1971, certes ça sent le swedish prog à plein nez, mais il y a autre chose dans ces onze piécettes de deux à trois minutes. Le groupe solidifie le propos du malheureusement sous-estimé — à tort — En Rak Höger, petit bijou d'orfèvrerie humoristique qui se rapprocherait volontiers d'un Battles. Klotet ne perd pas son temps en développements longs et inutiles, plus proche en cela d'un math rock direct mais finement arrangé que des sombres envolées d'un Robert Fripp. Entre les introductions faussement pompeuses (« Gatronomiska Proportioner », qui se termine en beau pogo), des passages foutraques qui n'auraient pas détonnés chez Madness (« Dödad av döden »), les gars d'Uppsala se moquent bien de toutes les conventions et c'est tant mieux ! Hormis le morceau éponyme qui clôt ce disque dont les sept longues minutes apparaissent comme une éternité, peut-être pour parvenir au minimum syndical de quarante minutes, cette petite faute de goût ne dément pas la qualité générale de cet avant-prog instrumental, et ce sentiment de jubilation qui manque à tant d'autres.
  • Année: 2010
  • Label: Musea

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