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22 Mars 2010

My Own Private Alaska

Amen

par Aleksandr Lézy
Dans la jungle des groupes français, il y en a un qui par la force des choses et du hasard (peut-être un peu moins) a réussi à faire la première partie de Metallica aux arènes de Nîmes en juillet 2009. Pour la plupart totalement inconnu, pour d’autres, vaporeux souvenir de feu-Psykup, My Own Private Alaska (référence au film de Gus Van Sant My Own Private Idaho), il a suscité les interrogations voire les sifflets et autres quolibets les plus acerbes durant leur prestation. Chronique d’une mort annoncée …Amen

Le trio toulousain redéfinit les contours du genre « screamo ». Sous la forme originale d’une fusion d’instruments, l’adéquation subtile entre le chant pleuré et crié, le piano d’influence classique et la batterie à tendance rock/metal dévoile une photo des plus tristes dans les deux sens du terme. Tristesse et tourment par les émotions qui se dégagent d’une musique, sombre, angoissante parfois même sensuelle dans son incommensurable agonie ; et triste aussi par manque de rebondissements... Un unique cœur polyphonique au milieu de cris linéaires et de rythmes basiques ne suffisent pas à tenir en haleine l’auditeur avide de foisonnements instrumentaux.

Magnifiquement exécuté, le piano de T. bombarde de mélodies néo-classiques belles et complexes. Long et répétitif, le schéma arrive cependant rapidement à bout de souffle. Le chant crié de M. manque cruellement de lexique, sans parler de l’accent anglais poussif. Certes, quelques passages dévoilent une qualité digne de musiciens confirmés. Malheureusement et malgré l’originalité du concept associée à la formidable production du grand Ross Robinson, My Own Private Alaska s’apparente vite à une salade sans assaisonnement, fade sans l’acidité du vinaigre et la patine de l’huile.
  • Année: 2010
  • Label: Kertone Production

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