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09 Février 2010

Masal

Galgal

par Mathieu Carré
Avec cet album du multi-instrumentiste Jean-Paul Prat (soutenu par un batteur, un bassiste et un saxophoniste), on entre en plein cœur du courant zeuhl et de ses particularités. Ici les traits s’avèrent plus grossiers, presque caricaturaux par rapport aux œuvres de Magma ou de Weidorje, et les mécanismes qui soutiennent cette musique apparaissent avec une évidence troublante.

La répétition de motifs simples (voire simplistes), le mélange de sonorités acoustiques et électriques, les alternances entre passages calmes et durs s’exposent et se résolvent en une froide logique. Le peu de nuances, notamment dans le jeu de piano et de batterie, donnent ainsi à Galgal un abord froid et quasi-mathématique. Et c’est à travers ce parti pris assumé qu’il faudra apprécier ce disque car à l’instar de la magnifique illustration de couverture évoquant Vasarely, toute en angles et en calculs précis, la beauté peut aussi surgir d'une rationalisation extrême de l’art.

Curieusement, c’est en se soumettant à d’autres codes que les siens que la machine de guerre convainc le plus (« Intergalactic Tango ») ; les autres compositions, compactes comme le béton, sans soli, sans fioritures impressionnent par leur prestance, mais peuvent également laisser de marbre. Même si certains passages se font plus lyriques (« Talitha Coumi »), il faudra se projeter à corps perdu dans l’univers de cette musique atypique et sans concession pour profiter au mieux de cet album cohérent et ambitieux.
  • Année: 2009
  • Label: Musea

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