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20 Octobre 2009

Sax Ruins

Yawiquo

par Mathieu Carré
Il s’agit bel et bien d’un monstre qui agresse l’œil au premier coup d’œil sur la pochette de Yawiquo. Tout en clefs, en cuivre et en pavillons prêts à cracher le feu ou les cris de guerre tribaux, cette créature inquiétante n’est cependant que le reflet fidèle du virage que le batteur de Ruins, Yoshida Tatsuya, a voulu faire prendre à sa musique.

Adapter ces compositions pour le saxophone n’était pas chose facile. Ono Ryoko a dû jouer de toute sa panoplie sonore, dédoubler les voix et refaire naître par l’accumulation la fureur originelle de la déjantée formation nipponne (pléonasme ?). Basse, guitare saturée, accompagnement et irruptions suraigües de cris de chatons, la saxophoniste assume tout avec brio et éclaire d’un jour nouveau les thèmes du batteur au prix d’un travail de titan.

Si l’improvisation prend évidemment une part importante au sein de cette collaboration, elle s’appuie sur des compositions solides et précises qui rappellent parfois les thèmes cristallins de John Zorn, ensuite mis en pièces par ses obscurs sbires (« Gravestones », « Epigonen »). Le hasard garde ainsi moins d’importance qu’on pourrait le supposer en recevant la première fois en pleine face cet éclat musical. En dix-sept morceaux comme autant de crochets au foie alternant entre ZU et Koenji Hyakkei, Sax Ruins tient ses promesses, en particulier celle d’en mettre plein les oreilles, sans les saturer de superflu.
  • Année: 2009
  • Label: Ipecac Recordings

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