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23 Septembre 2009

Eyal Maoz's Edom

Hope and Destruction

par Christophe Manhès
De culture israélienne mais proche de la scène Downtown de New-York, Eyal Maoz est un guitariste et chef d'orchestre d'une originalité étonnante. Avec cette nouvelle œuvre, son style autant jazz que rock et fortement typé par la world klezmer devrait faire date. Et pour cause, c'est comme si Joy Division rencontrait l'Electric Masada un jour de bal populaire, son « cheap » du Farfisa et guitare rugueuse compris ; ce qui donne un curieux ovni.

Mais l'aspect le plus défrisant de cet album n'est pas forcément cette singularité. Le plus surprenant, c'est qu'il rappelle de la plus belle manière qui soit – car on avait vraiment fini par l'oublier – que pour être neuf, il n'est pas toujours nécessaire de faire appel aux expériences avant-gardistes les plus déboussolantes. De fait, sur un postulat délicieusement rudimentaire, mélange franc de rythmes binaires et de simplicité harmonique, Eyal Maoz's Edom parvient à édifier des subtilités lyriques incroyables, quasi pop (« King », « Rocks », …) et néanmoins profondément modernes. Volontairement bridé sur l'essentiel, le jeu de ce quartette active une dimension précieuse qui fait s'entrecroiser simplicité et vertige artistique. Le résultat est un pur bonheur, une confiserie acide et intense.

Et si des titres comme « Eagle » ou « Slight Sun », en équilibre instable, frisent les clichés pop, Edom le fait avec le plaisir régressif et communicatif de ceux qui se moquent du qu'en-dira-t-on. Au demeurant, plus le disque tourne, plus il s'avère que ces musiciens brillants tiennent la barre ferme et font souffler sur la musique un air frais et réjouissant. Intelligemment produit par Shanir Blumenkranz, Hope and Destruction devrait s'installer sans trop de problème dans les top-list 2009.

  • Année: 2009
  • Label: Tzadik / Orkhestra

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