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03 Août 2009

Ikue Mori

Class Insecta

par Christophe Manhès
Petit bout de femme d’origine japonaise, la sorcière electronica Ikue Mori en impose par une carrière de près de trente ans copieusement remplis. Elle a débuté son parcours avec le fameux groupe no wave DNA en 1978 et a depuis joué avec pratiquement tout le gratin des artistes avant-gardistes new-yorkais. Même le grand Lester Bangs avait classé son travail dans ses dérives electro préférées. Avec des copains de scène ou de studio qui se nomment John Zorn, Mike Patton, Bill Frisel, Fred Frith ou Marc Ribot et on en passe, il est indéniable qu'on possède certainement mieux qu’un savoir faire, à savoir un talent visionnaire hors du commun. Talent que confirment d’ailleurs des albums aussi surprenants que Labyrinth, mais surtout le magnifique One Hundred Aspects of the Moon sorti en 2000, où la beauté de la prospection sonore et de l’imagination de cette pythie underground laisse sans voix.

Ce huitième album solo expose à nouveau une recherche musicale exclusivement électronique autour d’un style personnel facilement reconnaissable, composé de sons grouillants et de rythmes aléatoires, comme si son écriture témoignait d’une existence myriapode d’un autre monde. Malheureusement, à force de creuser les marges, elle finit cette fois-ci par s’éloigner dangereusement de nos oreilles de terriens. Un album absent de toute forme de vie, sans savoir pourquoi. Ikue Mori semble avoir perdu le cœur. Les polyrythmies chaotiques dont elle a le secret n’ont plus cette chaleur fascinante et photogène si merveilleusement utilisée propre à ses albums phares. Class Insecta ressemble à une ébauche d’un travail entamé depuis longtemps maintenant. Il n’apporte rien d’essentiel et aura toutes les peines à toucher le public friand de l'œuvre de cette grande dame.
  • Année: 2009
  • Label: Tzadik / Orkhestra

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