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02 Juillet 2009

Tartufi

Nests of Waves and Wire

par Jérémy Bernadou
Ces Californiens disposent d'un talent hors pair pour travailler en studio. Car l'écoute de ce troisième album, rien ne laisse supposer qu'un duo se cache derrière l'orchestration plutôt « luxuriante » (avec moult xylophone, textures soignées, etc.) et qui confère à l'ensemble un aspect contemplatif. Les deux membres du binome se nomment Brian Gorman (batterie et autres percussions) et Lynne Angel (guitare, basse et chant) et se partagent donc tout le boulot. Grâce à la magie de leur atelier, l'espace sonore se retrouve rapidement envahi par une horde de sons tous plus riches les uns que les autres. La personnalité de groupes tels qu'Animal Collective ou Deerhoof se retrouvent en Tartufi avec ces mélodies simples en apparence, mais intelligemment agencées et mises en relief par une orchestration très fine. L'expérimentation reste présente, efficace, et justifie une certaine folie qui accroche l'auditeur. Les titres proposent des durées assez longues et bénéficient en outre d'une structure qui leur est propre à chacun : les trouvailles se suivent mais ne se ressemblent pas. Ainsi, l'imposant « Engineering » brasse par exemple à lui seul le talent et le savoir-faire du groupe, comme l'illustre son introduction à la section rythmique chargée suivie d'une montée en puissance typée post-rock. Tartufi manie avec ardeur les crescendos qui font mouche, même si la recette a déjà été maintes fois éprouvées par de nombreuses formations similaires. Les ballades peuvent en revanche lasser, par cet aspect bien trop raisonnable et seventies dans l'esprit qui n'apportent pas grand chose de fondamental (« System Folds »). C'est avec ces morceaux les plus ambitieux que Tartufi parvient à remporter son pari. Reste à savoir si les concerts du duo reflètent le côté onirique des albums, tant la quantité de détails à reproduire est immense.
  • Année: 2009
  • Label: Southern Records

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