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23 Avril 2009

Christian Décamps

Psychédélice

par Jean-Philippe Haas
Comment une idée si saugrenue a-t-elle pu passer par la tête de Christian Décamps ? Funambule de la plume à la voix unique, le voilà qui jette en pâture un disque instrumental, de « musicothérapie », comme il le dit lui-même, interprété presque exclusivement à l’aide de machines. Qu’est-ce à dire ? Se déparer ainsi de ses attributs les plus convaincants ressemble fort à un suicide musical, à moins qu’il ne s’agisse d’assouvir une déraisonnable lubie. Quoi qu’il en soit, le chanteur angélique s’est retrouvé seul avec sa batterie de claviers et de synthétiseurs. Inutile de préciser que Psychédélice se trouve ainsi affublé d’une signature sonore froidement synthétique qui contraste avec la chaleur communicative du bonhomme ! Il faudra lui vouer une admiration sans bornes pour faire abstraction de la forme et ne retenir que le fond, car le travail de composition est complètement noyé dans un recueil de musique MIDI, compilation des pires sons générés par ordinateur, une ode à la société Bontempi. Quelques notes de guitare et de claviers plus « nobles » ne suffisent pas à dissoudre le cauchemar sonore engendré par ces dix titres, pas plus que la seule incursion vocale du barbu sur un « Posologie de l'amour » au texte plutôt quelconque malheureusement. Seule la troisième partie de « Psychédélice » pourra obtenir une certaine indulgence de la part des adeptes du new age qui seront courageusement allés au bout de l’épreuve. Si on ne souhaite pas à Christian Décamps de s’échouer avec son œuvre sur un écueil artistique, on lui recommandera toutefois chaudement de reconsidérer la pertinence d’une telle expérience. Oublions ce disque bien vite et pensons très fort aux festivités des quarante ans d’Ange !
  • Année: 2009
  • Label: Musea

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