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17 Avril 2009

Eye 2 Eye

After All…

par Jérôme Walczak
Eye 2 Eye, le groupe français puisant ses racines et influences dans le néo-progressif le plus orthodoxe, revient avec un deuxième album, et a au passage troqué son « to » contre une marque plus contemporaine [NdlR : le 2 pour ceux qui n’auraient pas compris]. Le toilettage n’est pas seulement de pure forme. One in Every Crowd recelait de bonnes idées, bien qu’encore inabouties : des morceaux longs mais peu construits et parfois poussifs, un excès d’ambiances et de bruits de rue dans la veine des premiers albums de Pink Floyd et, d’une manière générale, une tendance exacerbée à l’emphase et à la logorrhée mélodique. Il semble que le temps ait bien agi et que la maturité se love doucement dans des compositions et des interprétations bien plus fluides. After All… est un album mature, très voisin de Satellite, auquel ce groupe fait bien plus penser que Marillion comme il l’est écrit parfois. Eye 2 Eye ne rechigne pas aux constructions longues mais elles sont mieux développées que dans leurs précédentes productions, selon un modèle certes classique mais qui n’en demeure pas moins efficace : une mélodie tranquille, suivie d’une emphase instrumentale (une mention spéciale pour les claviers) conclue par un final flamboyant. A y regarder d’un peu plus près, les tenants de ce rock planant, pompeux et romantique sont peu présents dans l’univers français, et il faut lorgner du côté de nos amis polonais pour trouver des ambiances similaires (SBB, Satellite, Believe, Riverside dans une moindre mesure…). Certaines plages de ce disque présentent d’un grand intérêt, une mention spéciale à « The Celebration », un titre de près de quinze minutes qui évolue selon une trame accessible, ponctué de violons et dans lequel la voix de Jacques Daly s’exprime avec justesse, sans puissances inutiles ou caricaturales. Le point faible de ce disque réside dans son caractère protéiforme, un peu « fourre-tout » : l’auditeur a affaire à un patchwork inégal dans lequel des pièces épiques et attachantes sont dispersées au sein de titres plus faibles et moins intéressants. Il faut néanmoins persévérer car les progrès sont constants !
  • Année: 2009
  • Label: Musea

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