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21 Janvier 2009

Sonic Ray

Sign

par Christophe Gigon
La plupart du temps, qui dit autoproduction, dit déception, car l’amateur de musiques progressives (donc exigeantes) n’a pas pour habitude de se contenter d’un son « garage » et d’une boîte à rythmes. Pourtant, même dans cette forme fruste parfois peu aboutie, de véritables découvertes peuvent avoir lieu et donner suite à des albums plus léchés, plus professionnels. Cette petite précision faite, penchons-nous à présent sur Sign, premier album et fruit d’une seule personne : l’homme à tout faire Bruno Gomez qui, derrière le pseudonyme un brin ringard de Sonic Ray, nous propose le fruit de quinze années de développement musical.

Les influences du bonhomme sont nombreuses mais restent néanmoins très orientées « guitares techniques ». Au final, c’est donc à un produit très attendu que l’on a affaire : un mélange entre Dream Theater (pour le côté « progressif technique » et de Joe Satriani pour le côté « guitare en liberté qui mène la danse ». Bruno « Sonic Ray » Gomez assure la totalité du processus créatif, artistique, technique et productif de l’affaire. L’homme possède, c’est évident, une certaine aisance musicale : son jeu de guitare est impressionnant et ses programmations de boîtes à rythme plutôt bluffantes. Le chant reste le point faible du projet : Bruno possède un timbre de voix si ordinaire qu’on ne l’entend pas ! Et Dieu sait que le rock progressif est un style dans lequel l’organe vocal fait figure d’instrument principal (Jon Anderson, Peter Gabriel, Russell Allen pour ne citer que les plus influents). Autre point faible de ce disque : aucune originalité n’est à signaler. Pire, les titres, déjà très « classiques » dans leur structure, se permettent des citations aux maîtres du genre (Genesis, Dream Theater, Queen, Satriani, etc..). L’auteur ne s’en cache d’ailleurs pas et trouve plutôt rigolo de s’amuser à mettre le doigt sur les emprunts aux grands. Nous pas.

Le projet est louable dans son fond puisqu’à chaque téléchargement de l’album, la moitié de la somme payée sera versée à une œuvre caritative signalée sur son excellent site. Et notre homme ne compte pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il espère mener son projet sur scène avec de véritables musiciens professionnels, toujours dans le but d’aider l’association en question.. Mais le chemin est long de la coupe aux lèvres. Bref, beaucoup de passion, de gentillesse et de bonne volonté chez ce jeune trentenaire dynamique. Mais musicalement, ça reste très très ordinaire.
  • Année: 2008
  • Label: Autoproduction

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