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09 Janvier 2009

Mukta

Invisible Worlds

par Mathieu Carré
Mukta, c’est un peu l’art de tourner autour de la lounge sans jamais tomber dans l’horrible potion et ce, grâce à une musique basée sur les agréables sonorités du sitar et de longues improvisations de flûte et de trompette (Geoffroy Tamisier, habitué du dynamique label Nantais Yolk). Jouer avec la musique orientale sans devenir esclave de ses clichés, garder sa spécificité dans un univers éloigné du sien, le défi est une nouvelle fois relevé par des musiciens impeccables. Cependant, alors que sur leur premier et remarquable premier album, Indian Sitar & World Jazz (1999), les musiciens basaient leurs compositions sur de solides lignes de basse presque dansantes, ce dernier album s’oriente résolument vers un côté plus mélodique.

Il s’agit alors de profiter de la sensualité de ce disque. Plus que le sitar, presqu’uniquement cantonné dans un rôle d’accompagnant, ce sont les élucubrations à la trompette qui font le sel d’Invisible Worlds (« Crystal Vision » en superbe conclusion avec cordes érotiques en toile de fond). Si la facette plus dynamique et lumineuse reste néanmoins présente avec « Fly », bien porté par la basse de Simon Mary, l’ensemble du disque s’inscrit donc dans la lignée directe des précédents disques de Mukta, tout en s’enfonçant encore un peu plus dans une épaisse moquette. La formule qui amena un succès mérité depuis maintenant une dizaine d’années reste immuable : métissage de musique, rencontres de musiciens et voyage. Caractéristiques toujours aussi prégnantes dans ce dernier album et qui laisseront on l’espère longtemps Mukta à l’abri de la soupe electro-world généreusement servie avec condescendance ces derniers temps.
  • Année: 2008
  • Label: MVS Records

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