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12 Décembre 2008

SADO

Holzwege

par Aleksandr Lézy
Comme ils le disent eux-mêmes, leur musique est basée sur la philosophie du Français Jacques Derrida, initiateur de la méthode de la déconstruction. D’où leur nom, Società Anonima Decostruzionismi Organici, lequel une fois raccourci se métamorphose en SADO, projet parallèle de quelques membres du groupe de neo progressif Arcansiel. Des Italiens qui ont toutes les cartes en main pour proposer un melting-pot innovant de divers genres musicaux.

Dès les premières notes, l’accent est mis sur le côté jazz expérimental improvisé, avec un son prog'italien à la Picchio dal Pozzo. La touche Zappa n’est pas loin non plus, l’auditeur se retrouve alors plongé immédiatement dans l’univers psychédélique du groupe. Mélangeant compositions et reprises déstructurées des Beatles, Santana ou encore Tom Jobim à la manière de ce qu’avaient entrepris les Allemands de Panzerballett sur Starke Stücke. Leur musique s’accompagne de la voix de Boris Savoldelli, un chanteur prolifique au timbre et à l’humour décalés (on pense au groupe italien Area) comme si le free jazz devenait vocal. Musicalement irréprochable, les morceaux défilent sans se ressembler. Cette petite société composée de Gianni Opezzo à la guitare, Sandro Marinoni au trombone, saxophone ténor et à la flûte, de l’incroyable Paolo Baltaro à la basse, au piano et aux synthétiseurs et Diego Marzi à la batterie, fusionne les influences, les genres et leurs philosophies et donne ainsi vie, en déconstruisant, à une musique surprenante, imagée et informelle.

De plus, la production s’avère éblouissante, profonde et légèrement granuleuse, comme si la musique sortait d’une platine vinyle ! Tous les instruments sonnent et résonnent dans un tumulte de réverbération. Et c’est à une sorte de concert parfait que l’on assiste. Les oreilles sont confrontées au réalisme de la mise sur support sans retouche, qui donnerait a contrario un effet synthétique au résultat.

Concentré de plans tarabiscotés et de riches harmonies, Holzwege participe au bon développement de la musique au sens même d’une création de haut niveau. La musique de SADO semble plus facile à écouter qu’à décrire. Quel dommage se serait de ne pas se pencher sur ce petit bijou. On aime se faire mal avec ce genre de disque !
  • Année: 2008
  • Label: AMS

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