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04 Novembre 2008

PropheXy

Alconauta

par Nicolas Soulat
Ouvrir une chronique d’album sur un débat complètement inédit « ça c’est pas banal !nbsp;» . Saut que, pour le coup, le débat en question n’est absolument pas original, il en serait même presque brise testicule : « Faut-il se fier à la première écoute ? ». La musique de ce groupe italien vient s’y confronter avec courage (ou folie ?) et aura eu le mérite de reposer la question sous un jour assez peu exposé.

Entrons dans le vif du sujet autour duquel va malheureusement s’articuler toute l’argumentation : Prophexy ne joue pas en place. Certes, asséné de la sorte reste un tantinet brutal, mais c’est, hélas, une vérité indiscutable à laquelle nous sommes confrontés en entamant l'album. En évoluant entre Spock’s Beard et un metal fusion emprunt de jazz et d’expérimentations diverses, les Bolognais placent, semble-t-il, la barre un peu trop haute. il convient de nuancer ce point crucial en éloignant d’une main protectrice le combo de la débâcle instrumentale, les sortant ainsi du club des débutants agités qui s’imaginent trop de choses.

Malheureusement, une batterie instable et une basse amnésique peuvent ruiner un propos qui aurait pu être ici intéressant. L’écoute est, par moments, extrêmement difficile voir pénible tant l’assise rythmique défigure la continuité des idées, on frôle l’amateurisme tout en s’en éloignant, de temps en temps, vers d’autres plans mieux maîtrisés mais peu convaincants. Ce paramètre vient donc frapper de plein fouet la totalité de l’effort et cette première écoute risque fort d’être la dernière. Pour ne rien arranger, le son de guitare est trop léger, voire inaudible sur certaines distorsions portées par un jeu lui aussi en cure de mise en place ; c’est bien simple, à ce stade de l’exploration se dessine l’incroyable impression que nos oreilles louchent (si si...).

La persévérance laisse néanmoins entrevoir certaines richesses qu’il serait malhonnête d’occulter. Le chant en italien n’est résolument pas désagréable et pourra dépayser bon nombre d’amateurs même s’il reste quelque peu linéaire. Ce fier vocaliste expose dans la foulée des parties de claviers qui, pour faire bonne figure dans l’empêtrement caricatural, auraient pu déborder de mauvais goût, ce qui n’est fort heureusement pas le cas ici. Il réussit même sur la longueur à convaincre par son inventivité en essayant tant bien que mal de résister à l’instabilité générale. Les compositions sont également décorées par une flûte très inspirée et capable de fins contrepoints sauvant littéralement certaines parties du naufrage rythmique, exécuté par un bassiste plus à l’aise dans cet exercice il faut bien l'admettre.

La disqualification n’est pas loin, bien qu'un certain potentiel et un goût prononcé, pour ce qu'on pourrait nommer « l’expérimental au service du danger », nivelle vers le haut la formation italienne tel un cac40 du progressif rechapant aux subprimes de la fainéantise. Bref, il ne faut pas se fier à la première écoute car Prophexy exhorte à offrir de belles perspectives en luttant contre d’énormes défauts, souvent inacceptables lorsqu’on veut jouer dans une certaine catégorie et se chicorer avec d’autres formations qui maîtrisent bien mieux le langage, l’impressionnisme et la stabilité musicale.
  • Année: 2008
  • Label: UkDivision Records

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