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06 Septembre 2016

Marillion

FEAR

par Florent Canepa

C’est un peu toujours le même type de réaction lorsque l’on s’attaque à un mammouth progressif. Le jeu est de savoir si l’animal est en voie d’extinction (vous voyez ce que je veux dire, yes ?) ou si la bête a de beaux restes. Chacun y va à la rédaction de son petit mot doux sucré (« cette musique est du miel à mes oreilles ») ou de sa pique fielleuse (« les soli de Rothery semblent calibrés pour la Reine-Mère, j’en baille d’avance »). Marillion, dix-huitième acte, c’est parti.

Fear est un peu l’inverse de Sounds than can’t be made , petit précis ouvert d’esprit et hétéroclite. Ici, le pamphlet se déroule sur dix-sept sections aux trames multiples qui constituent au final cinq méga-titres gagnant en lisibilité. Un effort que les gens qui qualifient les progressistes de progueux apprécieront. Ce procédé permet aussi d’insérer des climax comme sur « Fear » du segment El Dorado où la flamboyance, à base de six cordes et plus, emporte tout avant le bercement de clôture.

Alors, sommet créatif ? Tourbillon insipide ? Ni l’un, ni l’autre. Certains thèmes sont un peu rebattus (le drame écologique, le déclin économique, la faillite de la démocratie). De nouveaux, plus égocentriques -« The Leavers » sur le « drame » d’être tout le temps en déplacement- déclenchent quelques soupirs. Musicalement, on décèle du mouvement en forme de relief léger : « Wake up in music », plus électronique et au motif clavier intéressant, « The Gold », comme un vieux mais bon Floyd. Tout est bien ciselé et on a plaisir à être là. La bête est bien vivante donc, n’ayez crainte. Mais, comme tout être vivant qui se respecte, navigue entre éveil et sommeil.

On reproche parfois le syndrome musique à papa. C’est très joli, tout en ballades, mais le tout se déroule avec une grâce académique, somnifère diront les plus mesquins (« Living in fear », mélodiquement monolithique). Les paroles pacifistes de Hogarth deviennent alors plus insipides. On se love dans les réminiscences piano de Hisaishi ou Sakamoto sur « The Remainers » (et on aimerait Kelly plus présent...), on savoure les cordes et les aigus glorieux du chanteur sur le réussi premier extrait « Fuck Everyone And Run ». Alors, oui, nous les aimons et les respectons toujours. Mais ne sur-vendons pas non plus la marchandise. Dans la peur, thème central de cet album, c’est l’anticipation qui déclenche l’émotion. En ce qui concerne une œuvre artistique, ce n’est pas toujours le cas.

Commentaires 

#1 Silvergm 07-10-2016 15:15
Bien que je comprennes ton avis, je suis franchement en désaccord. Alors oui c'est vrai, j'ai dû l'écouter longuement avant de le découvrir vraiment, et j'ai même fait un redécoupage via Audacity.
Au final je me retrouve avec mon Marillion préféré depuis Afraid of Sunlight. Les textes me parlent comme rarement, et la musique est incroyable. Tant de moments de bravoure, Rothery est au sommet et, ô miracle, j'ai retrouvé le Hogarth que j'aime, perdu depuis des lustres.

And as I stand here wondering why
A man beheaded on a smartphone
Falls into my pocket from the sky
Modern life
Everything is everywhere ..'know what I mean?
Handy.
And obscene.

Alors oui c'est décliniste par moments, et peut-être même un peu technophobe, mais la charge est d'une puissance! Et la musique d'une beauté...

Too big to fall, too big to fail, mon album de l'année!
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