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24 Juin 2008

Glissando

With Our Arms Wide Open We March Towards

par Mathieu Carré
Le dernier album de Glissando, empli d’une tristesse caricaturale confinant souvent à l’ennui, ne mettait que peu en valeur les qualités de ce duo atypique qui a fait de la mélancolie sa marque de fabrique. Venant très rapidement à la suite de Loves are Like Empire, le manque d’inspiration, la redite et le marasme auraient pu aussi envahir With our Arms Wide Open We March Towards dont on n’attendait que peu avec des antécédents si mièvres. En tout état de cause, rien ne laissait présager une telle évolution tout en douceur vers un propos si mature. Pour ce nouvel album, le rimmel coulant et les accessoires gothiques bon marché ont laissé la place à de la crinoline légère et une ambiance toute élisabéthaine. Manoirs, jeunes filles en pleurs discrètes incarnées par une Elly May Irving se rêvant en Björk des Highlands (« With a Kiss And a Tear ») s’associent avec les lourdes textures et ambiances de Richard Knox toujours présentes. Les compositions où les instruments acoustiques à vents et à cordes s’invitent régulièrement restent aussi légères que désespérées. Le soir, au coin du feu, le charme agit, si bien que les lourdes tentures en velours pourpres et larsens divers qui parcourent le disque sur plusieurs dizaines de minutes, sans but ni origine viennent presque naturellement s’associer à ces airs clairs. Coulant à pic, engloutis par ces lacis hypnotiques et lents (« Like Everything You See »), on se laisse doucement porter vers d’autres horizons, le plus délicat étant de ne pas s’endormir sous les charmes de cette musique crépusculaire que les fans de lents délices poussiéreux se doivent de découvrir.
  • Année: 2008
  • Label: Gizeh Records

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