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18 Août 2015

Echolyn

I Heard You Listening

par Jean-Philippe Haas

Depuis 2012 et son retour avec un album éponyme – en écho à ses débuts de 1991 – Echolyn a retrouvé la vitesse de croisière qu'on lui connaissait, une sortie tous les deux ou trois ans. Pas forcené, comme rythme, mais juste ce qu'il faut au groupe pour composer tranquillement, et à son public pour assimiler complètement chaque disque.

Echolyn, c'est une musique immédiatement reconnaissable, aux racines très américaines et pourtant infusée dans les plus audacieux représentants du prog' britannique. Peu d'artistes ont réussi à créer ainsi une marque de fabrique aussi distincte, fruit d'un quart de siècle d'affinage : Brett Kull, par exemple, et ce son de guitare qui le caractérise depuis toujours, sans qu'il ait jamais cédé à la mode du rouleau compresseur sonore en vogue dans le prog' « moderne ». Et que dire des harmonies vocales, et de la voix singulière de Ray Weston ? Car si Kull prend bien le micro de temps en temps comme il a été d'usage dans le groupe dès ses débuts, ou double le chanteur-bassiste, ce dernier, plus lyrique que jamais, sort ses tripes et joue sur tous les registres ; il suffit d'écouter sa détresse sur « Messenger of All's Right » puis dans le foulée, l'entendre rager sur « Warjazz ». « Different Days » ou « Vanishing Sun », deux autres grands moments du disque, illustrent quant à eux la diversité d'inspiration des Américains : puissance et douceur, simplicité et complexité, arrangements soignés, emphase savamment dosée, sens de la mélodie, refus de tomber dans la facilité. Tout en revenant à des formats plus ramassés, I Heard You Listening suit les marques laissées par son prédécesseur : des titres aux tempos lents de façon générale, mais parsemés de breaks pouvant dissimuler de brusques emballements. C'est d'ailleurs lorsque Echolyn lâche la bride qu'il est le plus direct et original comme sur « WarJazz », et encore davantage sur « One I Get Mine », concentré de sophistication et d'efficacité. A entendre ces titres, on en vient presque à regretter que cette fougue ne soit pas généralisée à tout l'album…

Disponible en CD aussi bien qu'en trente-trois tours, I Heard You Listening est le fruit d'un groupe dont les membres se connaissent par cœur, n'ont plus rien à prouver et peuvent librement, sans pression médiatique, composer la musique qui leur plaît. C'est souvent comme ça qu'on réalise de grands disques…

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