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06 Juin 2008

Despairation

A Requiem in Winter’s Hue

par Jérôme Walczak
Despairation, pour son cinquième album, convie l’amateur de rock progressif à un agréable cocktail : une pincée de rock psychédélique, quelques miettes d’emphase et de gigues, un soupçon de voix grave et une ambiance générale que l’on peut volontiers situer dans l’environnement de Porcupine Tree, l’inventivité en moins sans doute. Ce groupe allemand a semble-t-il parfaitement bien intégré les grandes heures de la musique progressive des années 90 : Marillion, période .Com pour les élans presque jazz bien confortables aux oreilles (« Lucid Lullaby »), la mélancolie de Porcupine Tree («  Farewell in Blue », qu’on aurait pu trouver sur Lightbulb Sun), l’ensemble étant mâtiné d’une fort jolie voix, à mi-chemin entre David Bowie et Neil Hannon.

Ce disque ne ressemble aucunement à un disque allemand, on dirait plutôt qu’il nous vient d’outre-Manche : l’ambiance pop triste qui en émane n’aurait en effet rien à envier à Suzanne Vega.

Les mélodies sont très bien construites et la production, très convenable, laisse une jolie place à une basse triste et des claviers qui viennent ponctuer tranquillement ce voyage morose. Parfois, cette douce torpeur s’anime un peu, avec des violons très bienvenus, venant donner, par des rythmes lancinants et hypnotiques, une touche dramatique à une structure discrète et raffinée (« Humanity As a Child »).

Morosité, tristesse, mélancolie : tout est dit. Ce disque n’est pas anxiogène cependant : il propose simplement un moment tranquille, pour un dimanche pluvieux. Les amateurs de Marillion et des mélancoliques « Marbles I, II, III » et « IV » apprécieront sans doute. Ceux qui avaient aimé le magnifique Hours de David Bowie seront ravis. Intéressant, peu rebutant, accessible : que demander de plus, parfois ?
  • Année: 2008
  • Label: My Kingdom Music

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