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13 Mars 2015

Tigran Hamasyan

Mockroot

par Ancestor
dans

Monsieur Hamasyan. Un pianiste virtuose et empli de sensibilité. Un arménien de racines, un musicien universel de par son art. Fidèle aux harmonies traditionnelles, féru de jazz et lauréat de nombreux concours, amateur de Metal. Un jeune homme protéiforme qui pétrie les influences avec un modernisme quasi intemporel.

Son nouvel album met l'accent sur quelques éléments majeurs : le piano, maestro oblige, la batterie, et le chant. Le clavier, ici, dirige la danse, insuffle la cadence, prolixe et précis. Le jeu du batteur est autant support que moteur et découpe le temps en séquences percutantes. Pléthore de voix à majorité féminines, swing et opalines, presque ésotériques, exalte le propos.

L'intro, « To Love », d'un romantisme un peu surréaliste, très début vingtième siècle, est une petite scènette qui préfigure les titres les plus paisibles. Des pièces intimistes, limpides (« Lilac »), des nostalgies à la Erik Satie. De même, le disque regorge de débordements complexes, d'arpèges et de thèmes qui s'enchevêtrent, se répondent. Des cavalcades effarantes avec des accents du moyen-orient. Aucune réserve non plus devant quelques effets théâtraux, notamment dans « The Roads That Bring Me Closer To You », à la fin franchement grandiloquente. Et Tigran exécute cela avec un phrasé hallucinant, un touché élégant et torrentueux.

Le précédent album, Shadow Theater, était porteur d'une sorte de fadeur, d'une espèce de frilosité limitative. De Mockroot il émane au contraire une assurance constante, une énergie communicative, une profondeur dense et bouleversante… Il déménage ce nouvel album de Tigran, grave !

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