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15 Mai 2008

Make a Rising

Infinite Ellipse and Head With Open Fontanel

par Christophe Manhès
C’est un signe qui ne trompe pas : la réalisation de cette chronique a occasionné de multiples pressions sur la touche « play ». Voilà une bien réjouissante obligation. D’abord incommodé, puis chatouillé par la physionomie déroutante de cette musique, le chroniqueur avait en perspective quelque chose qu’il savait unique. Mais unique ne voulant pas dire génial, il fallait être patient et fouiller les entrailles de la bête. Finalement, comme une récompense, les deux jolis coquillages que la nature, dans sa grande générosité, a bien voulu nous coller de chaque côté du crâne, ont fini par rendre leur verdict : « génial » !

Déshabiller cette musique est une expérience qui peut surprendre. Ceux qui se lamentent lorsque l’on ne leur sert pas le dessert de leur maman, arc-boutés sur le souvenir de jouissances puériles, ne prendront certainement pas le temps de se laisser ensorceler par ce lupanar poétique et ludique, pourtant aussi salivant et varié qu’une bonbonnière. Autant le dire, les concoctions très oulipiennes de Make A Rising sont d’une beauté totalement atypique, c’est-à-dire extra-ordinaire et extra-sensible. Peut-être même extra-terrestre, sait-on jamais. D’ailleurs, de ce point de vue, l’artwork laisse planer un doute sérieux !…

Seulement, Infinite Ellipse... n’a rien avoir avec les pratiques les plus masochistes de l’avant-garde. Car, qu’on se le dise, Make A Rising aime les mélodies simples et fraîches, et nous emmène plutôt du côté des réjouissances bigarrées des fêtes foraines d’antan, mais avec un petit « truc » en plus, franchement « barré ». Aussi, comme un manège ensorcelé, les figures grotesques et colorées défilent dans un tourbillon au pouls étrangement régulier où seuls, de temps en temps, de brefs accès d’adrénaline viennent rompre le ronron de cette sarabande singulière.

Mais reconnaissons-le, il est pratiquement impossible de parler de cette musique tant sa séduction tient à son lent effeuillage…

Il serait trop éculé de faire au lecteur, une nouvelle fois, le coup du chef-d’œuvre. Et puis, à la rédaction, certains risqueraient de finir par s’énerver. On ne lancera donc pas ce grand cri ultime, ce cri d’ostrogoth des chroniqueurs indélicats. Progressia ne mange pas de cette charcuterie-là. Et pourtant, ça n’est pas l’envie qui manque…
  • Année: 2008
  • Label: High Two / Orkhestra

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