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14 Février 2013

The Daedalus Spirit Orchestra

Tabula Rasa

par Christophe Manhès

Donné pour mort à la fin du siècle dernier, le rock progressif a pourtant survécu, et retrouve même une belle vitalité depuis dix ans grâce à des groupes comme Porcupine Tree, The Mars Volta ou — profitons-en pour vous soumettre l’existence de quelques joyaux méconnus ! — William D. Drake et les exotiques Chiliens de La Desooorden. Même la critique rock semble reprendre un peu goût aux circonvolutions sophistiquées du genre.

Il n'en est pas moins vrai qu'une formation comme The Daedalus Spirit Orchestra, même dans ce contexte plus favorable, ne peut que laisser circonspect, tout en démontrant une fois de plus la difficulté — l'aporie diront certaines méchantes langues — de l'art prog. Entre tentatives électros ratées et instrumentation sans grande envergure, Tabula Rasa se révèle largement en deçà de ce que ce rock généralement flamboyant, à l’appétit prométhéen, a déjà été capable de produire. Reste un groupe honorable, parfois animé de belles intentions. Mais on le sait, le monde enchanté du rock progressif en est pavé. Pourtant, il ne faudrait jamais oublier que ses meilleurs représentants ont eu l’ambition de décrocher la lune en faisant de cet art populaire un art majeur. Sans ce corollaire, difficile de digérer ces longues plages poussives, presque kitsch, et ne pas considérer le titre « Tabula Rasa », de près de trente minutes, comme un exercice d'une vanité assez désespérante.

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