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10 Octobre 2012

The Gathering

Disclosure

par Maxime Delorme

Déjà cinq ans que la plantureuse Anneke Van Giersbergen quittait The Gathering vers d’autres horizons musicaux. Après une première tentative de remplacement avec The West Pole , The Gathering persiste et signe, produisant un nouvel album Disclosure, plaçant Silje Wergeland aux micros. Et force est de constater une nouvelle fois que, musicalement parlant, c’est bien Anneke qui y a perdu le plus. Le talent des frères Rutten est toujours présent, leur patte inchangée et ce son reconnaissable entre mille, qu’il s’agisse de l’atmosphère, du mixage, de la batterie. Bref, du Gathering comme on l’aime, comme on le connait.

A ces lignes, le lecteur averti aura immédiatement compris la suite. Comme on le connait, oui, mais rien de plus, ou presque. Fondamentalement, l’album se rapproche le plus d’un Home assez calme et posé sur les ambiances, moins planant qu’un Souvenirs, mais bien moins rock qu’un If Then Else. Rien de très neuf à l’horizon. Les mélodies sont déjà connues et malheureusement, aucune ne marque autant que les grandes lignes du groupe. Rien pour égaler un « Saturnine », un « Strange Machines » ou un « On Most Surfaces ».

Pour autant l’album est loin d’être à jeter. La seule piste véritablement décevante est la première : « Paper Waves » proposant quelques riffs efficaces mais le chant tombe du côté obscur du rock, sonnant définitivement trop « single radio » facile pour être vraiment appréciable au-delà de trois écoutes. En parlant de riffs, notons tout de même que René Rutten a vraiment limité l’utilisation de saturations sur ses guitares, laissant la majorité de ses pistes en son clair, se mélangeant avec brio avec les claviers de Frank Boeijen. Au rang des bonnes surprises, un « Heroes for Ghosts » tout en longueur et plutôt planant, « Missing Seasons » où Silje met en avant toute la sensualité de sa voix. Autre bonne surprise « Meltdown », le morceau long de l’album qui, après un départ assez décourageant, se transforme en plage atmosphérique où les ambiances se mélangent, proposant même quelques interventions de trompette ! Enfin, il n’est pas sans dire qu’une nouvelle fois, la production est à la fois belle et profonde, donnant ce petit truc qui fait qu’un album de The Gathering est toujours si bon et beau à la fois.

En définitive, les frères Rutten prouvent encore une fois leurs qualités de compositeurs, ainsi que leur capacité à s’entourer d’excellents musiciens. L’album reste bon, mais manque d’une touche de nouveauté. Même la voix de Silje semble proche de celle d’Anneke. On regrettera peut-être que le groupe semble figé depuis son départ, alors que l’on était habitué à une certaine évolution de la part des Hollandais.

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