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08 Octobre 2012

Serj Tankian

Harakiri

par Jean-Philippe Haas

S’il est un défaut qu’on ne peut attribuer à Serj Tankian, c’est d’être oisif et de se reposer sur sa notoriété. En effet, depuis Imperfect Harmonies, l’ex System of A Down n’a enregistré pas moins de quatre disques ! En regard de la sortie de sa symphonie ORCA, de son album de jazz Jazz-iz Christ et de sa première tentative électronique Fuktronic, Harakiri apparaît comme frileux. Car si son prédécesseur semblait vouloir rompre avec le rock métallique auquel Tankian nous avait habitués, en prenant une direction plus orchestrale, cette troisième production studio fait tout bonnement machine arrière et revient à l’époque d’Elect The Dead.

Pourtant, il n’est pas question ici de servir du réchauffé. Les titres ont beau miser sur l’efficacité, chacun d’eux a son petit quelque chose de particulier, un arrangement inédit par ci, une sonorité inhabituelle par là … et aussi son petit air de déjà vu, sans doute. Une belle poignée de tubes en puissance dont notre homme a le secret (« Cornucopia », « Butterfly », « Occupied Tears », « Weave On ») balisent un ensemble suffisamment nuancé pour ne pas être trop prévisible, lui évitant ainsi la redite facile. Les capacités vocales de l’activiste sont intactes et s’adaptent aux différents registres déclinés : rock /metal alternatif, power-ballade, pop électrifiée… Quant à ses textes, ils renouent avec des thèmes de prédilection, puisés dans l’actualité la plus concrète : la guerre, les travers de la démocratie, de la politique, le pouvoir de la télévision,… En somme, le bonhomme retrouve ses bonnes mauvaises manières !

Avec Harakiri, Serj Tankian remet ainsi le fusil sur son épaule d’origine, sans que ses digressions symphoniques aient altéré sa verve revendicatrice. Un disque destiné peut-être à rassurer et flatter les fans, en prévision de futures sorties pour le moins très éloignées du terrain de jeu habituel de leur artiste fétiche.

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