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03 Mai 2012

After Crying

Creatura

par Jean-Philippe Haas

Depuis maintenant plus de vingt ans, After Crying représente le fer de lance du progressif hongrois. A l’instar de leurs compatriotes de Solaris, plus discrets ces dernières années, les Magyars incarnent le genre presque à eux seuls dans un pays qui ne leur a pas encore donné de digne descendant.

L’orientation musicale du groupe a beaucoup évolué avec le temps et Creatura, comme son prédécesseur Show, recense à peu près toutes les tendances explorées au fil d’une carrière caméléon, de la musique de chambre au rock. Par ailleurs, après la tentation de l’anglais, After Crying rectifie le tir et revient presque exclusivement à sa langue maternelle. Découpé en quatre suites (Ouest, Nord, Est, Sud) pour les besoins du concept, l’album alterne entre autres des passages orchestraux, des titres rock accrocheurs plutôt courts, chantés (« Játékos », « iLove Story ») ou instrumentaux (« Goromba » , « Esőisten », « Three Desires »), de belles pièces pour un ou deux solistes (clarinette, trompette, piano ou encore ensemble à cordes) et des moments narratifs. Nonobstant quelques sonorités trop synthétiques qui froissent occasionnellement le tympan, ce mélange des genres n’est choquant que lorsque les Hongrois commettent des faux pas, dans les compartiments où ils sont à l’évidence le moins à l’aise, comme la « chanson » (« Szemfényvesztő », « Szabadesés »).

Creatura affiche parfois toutes les caractéristiques d'une solide œuvre conceptuelle et réfléchie, tandis qu'à d'autres moments, c'est l'impression d'un assemblage de titres hétéroclites qui domine. En tout état de cause, le groupe ne se démonte pas et persiste à suivre avec une réussite que chacun appréciera la voie de la mosaïque musicale. Les nostalgiques de l’« ancien » After Crying pourront toujours se rabattre sur l’album solo de l’un de ses fondateurs, Vedres Csaba, intitulé Notes From Silence.

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