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16 Avril 2012

The Mars Volta

Noctourniquet

par Aleksandr Lézy

« Madre de dios ! », c’est toujours avec émotion qu’un album de The Mars Volta se place pour la première fois dans sa platine cd. Un plaisir qui, quelle qu’en soit l’issue, parachève une démarche rock puissante, expérimentale et psychédélique de tout premier ordre. Avec la ferme intention d’en mettre plein les esgourdes à leurs fans, les Américains ont pris leur temps pour concocter ce nouveau disque. Avec Noctourniquet, la paire Rodríguez López et Bixler-Zavala accompagnés de leurs drilles, tente un retour en force, pour le moins attendu.

Octahedron, sorti en 2009, n’avait pas convaincu grand monde. Son aspect mollasson, déliquescent et nonchalant jurait légèrement par rapport au déploiement d’énergie consenti par exemple sur The Bedlam in Goliath seulement une année auparavant. The Mars Volta crée à chaque sortie d’album un engouement toujours plus vif, mais les initiés se sentent parfois perdus car le groupe n’est jamais là où on l’attend vraiment.
Cette fois-ci, et pour le coup nettement prévisible, TMV mélange avec une certaine retenue ses aspects rock les plus nerveux à ses envolées moelleuses les plus soporifiques. Noctourniquet démarre pourtant sur les chapeaux de roues « The Whip Hand », « Aegis » et « Dyslexicon » : une suite de morceaux audacieux, originaux et consistants. Malheureusement, les réjouissances sont de courte durée. Un gouffre immense s’ouvre au milieu de l’heure dépassée de musique.
Les bonnes idées ne manquent pas, cependant, l’on peine à trouver des accroches et des thèmes ou mélodies auxquels se rattacher. L’auditeur pourra trouver une certaine monotonie, voire une nonchalance dans le propos. On reprochera à Cedric Bixler-Zavala son manque de renouvèlement dans son chant et l’on encouragera l’utilisation de nouveaux sons très électroniques par Omar Rodríguez López. Quant au reste du groupe, il est irréprochable.

C’est propre, c’est bon, c’est du The Mars Volta qui reprend du poil de la bête. Mais c’est aussi du The Mars Volta qui n’arrive pas à retrouver toute la fougue et la folie de ses débuts. Trop de superflu et de zones d’ombres dans ce Noctourniquet mais peut-être une envie de simplification encore mal maitrisée qui pourrait plaire au plus grand nombre. The Mars Volta remet au goût du jour un rock progressif savoureusement psychédélique et s’adonne à une musique qui sans nul doute continuera à surprendre et créer de grands débats.

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