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12 Avril 2012

October Equus

Saturnal

par Jean-Philippe Haas

Parmi les groupes qui emploient le langage parfois inintelligible du Rock In Opposition, certains parviennent à le rendre compréhensible par des oreilles néophytes. Pour leur troisième disque (le premier chez Altrock), les Madrilènes d’October Equus organisent ainsi avec Saturnal une rencontre plutôt réussie entre le rock et la musique de chambre, inspirée par King Crimson et Van Der Graaf Generator pour ses climats inquiétants et ses sonorités parfois rocailleuses, mais aussi par Univers Zéro et miRthkon dans ses parties plus absconses.

Le disque possède par essence les traits caractéristiques du RIO (utilisation d’instruments à vent et à cordes, rythmes complexes, dissonances,…), mais reste une version raisonnablement « accessible » de cette subdivision extrême du prog’, loin d’un ésotérisme trop souvent de mise. Peu de flottements ou de contemplations soporifiques viennent polluer cet ensemble de pièces d’une agréable concision. Les rythmiques implacables – discrètes ou ostentatoires - parfois lancinantes, voire hypnotiques, sont le fait du batteur de Planeta Imaginario qui, avec son compère saxophoniste, vient prêter main forte au quintette. Par petites touches digestes, cet album saura introduire le Béotien aux arcanes du genre tout en satisfaisant aux exigences de l’initié.

Sans défier la hiérarchie ni changer la donne, October Equus suit les traces de Yugen, celles d’un RIO moderne, bien produit, ambitieux, qui se désolidarise quelque peu d’ancêtres parfois trop hermétiques.

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