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14 Février 2008

Solstice

Silent Dance

par Jérôme Walczak
Festival Music a eu l’excellente idée de faire émerger d’un oubli condamnable Solstice et son monde magique, apaisant, chantant, joyeux, donnant ses lettres de noblesse au genre néo-progressif le plus absolu, de la facture la plus aboutie qui soit. Des quatre rééditions, Silent Dance est certainement le plus riche et le plus étoffé. Il plonge ses racines directement dans les années 70 et qui les magnifiques années 80 (du point de vue du progressif, évidemment). Un cortège d’influences se côtoient, et les moments d’émotion sont si intense qu’on ne sait plus toujours où donner de la tête, tant nos oreilles sont submergées. Tout s’entend dans Solstice, avec un talent évident, une production toilettée, nette et pour ainsi dire irréprochable.

Silent Dance est sans doute le plus « Andersonien » des quatre albums réédités et les références aux immenses Yes sont légion. Du timbre de voix de Sandy Leigh, dont les aigus rappellent ceux du hobbit magique des seventies (c’est flagrant sur « Brave New World »), jusqu’aux saccades hystériques qui montent vers l’apothéose, dans une déferlante d’émotions, d’images et de sons emportant l’auditeur dans un vertige inoubliable (« Cheyenne », à titre d’exemple).

Il y a de la force, de la puissance, et, nous l’avons dit, de multiples références dans Silent Dance : ainsi, le très « Marillionien » « Morning Light » dévoile une parenté étroite avec des titres aussi somptueux que « Berlin » ou « Going Under » : une basse sombre, des élans de guitare épique... De quoi fermer les yeux et voir... Steve Rothery. Le même son apparenté aux cinq génies de Marillion marque « Earthsong ». Il est d’ailleurs amusant de signaler qu’avec ce titre, on se rapproche presque de « Season’s End », cinq années avant la parution de ce chef d’œuvre (basse sombre, claviers cristallins, voix pure)… D’autres liens apparaissent comme évidents avec Yes et Pendragon, notamment sur les fins de morceaux qui n’en finissent pas, pour notre plus grand bonheur. Les amateurs de musique celtique ne seront pas en reste, eux non plus car, hormis les hypnotiques violonnades (« Return of Spring »), la voix de la chanteuse, lorsqu’elle descend un peu, va traîner du côté de Sinead O’Connor (« Peace » ou encore « Sunrise », très voisin de « Fire of Babylon » ou « Feel so Different » de l’anglicane intégriste, chauve et Irlandaise).

Solstice a été et demeure l’un des plus grands groupes de néo des années 80 : ne passez à côté sous aucun prétexte ! Ce disque est un classique obligatoire, un chef d’œuvre, à ranger parmi les albums cultes des années 80. Ne le loupez pas !
  • Année: 2007
  • Label: Festival Music

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