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09 Avril 2012

Zoft

Electrically Haunted

par Aleksandr Lézy

Il y a ceux qui choisissent le « a » comme initiale de nom de groupe pour figurer en tête de gondole dans les bacs à disques et les autres, qui préfèrent le « z » par timidité, pudibonderie ou encore manque de confiance. Ainsi répertoriés avec les indigents, les invendus et autres soldes déprimantes, certains groupes hautement recommandables se retrouvent perdus dans les méandres d’une classification ancestrale établie. Pourtant, par chance, une main innocente se pose inévitablement un jour ou l’autre sur ces fragments d’arche perdue.

Zoft trouvait probablement trop doux le « s » du mot original pour coller à sa musique rugueuse et grinçante. Le duo belge ne fait pas dans la dentelle, suivant la route tracée par ses compagnons de label K-Branding. Nico Gitto et Damien Magnette qui font sonner respectivement guitares et batterie ont pris le parti de l’assemblage sonore à consonance ethnique, voire tribale. Entre répétitions, montages polyrythmiques, folles excentricités stridentes, Zoft industrialise sa musique en la rendant angoissante, mais aussi vibrante que poignante comme sur « Coil » ou « Exit ». L’ensemble, le tout, marche brillamment bien. De l’obscurité émanent des idées intelligentes voire précieuses. Et l’idole enfouie dans le sable, une fois déterrée, tient dans la main tel un graal, une pièce maitresse dans le tas d’immondices jonchant bien souvent les déserts artistiques.

Malgré une production un peu décevante, Electrically Haunted, produit rock noise d’avant-garde, se révèle un excellent disque car rare dans son concept musical, étonnamment mystique dans son matériel le plus brut. Zoft s’inscrit dans la lignée des défricheurs/bricoleurs de sons et s’en sort comme un chef.

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