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26 Janvier 2012

Jeff Wagner

Mean Deviation: Four Decades of Progressive Heavy Metal

par Jean-Philippe Haas

Alors que les ouvrages sur le rock progressif pullulent littéralement – chose étonnante pour un genre aussi minoritaire de nos jours – son pendant métallique bien plus populaire était jusqu’alors, inexplicablement, dépourvu de manuel de référence. Le journaliste musical Jeff Wagner comble aujourd’hui ce vide inacceptable en publiant Mean Deviation: Four Decades of Progressive Heavy Metal.

Wagner a été enfant du metal avant d’être celui du prog’, passant « progressivement » de la force brute et de la satisfaction instantanée à un monde de sophistication, de finesse, voire de complexité. Il cerne ainsi avec une perspicacité peut-être accrue toute l’évolution qu’a subie le metal depuis ses débuts. Ce livre traite minutieusement de tous les musiciens de cette sphère qui ont décidé un jour de s’écarter, légèrement ou radicalement, de la norme. L’auteur adopte une narration globalement chronologique et évoque parallèlement les différentes tendances ou zones géographiques d’évolution apparues à une même époque : ainsi par exemple sont rassemblés dans les mêmes pages le tech metal de Watchtower et de Sieges Even ou le heavy sophistiqué d’Iron Maiden, de Mercyful Fate et de Megadeth. Les artistes influents ont tous voix au chapitre, des précurseurs comme King Crimson, Black Sabbath ou Rush aux fondateurs que sont Fates Warning, Queensrÿche et Dream Theater, sans oublier les forces parallèles comme Devin Townsend ou Opeth. Wagner rend également justice au rôle énorme de l’underground, l’occasion de déterrer les pépites oubliées piochées dans la discographie de Voivod ou de Celtic Frost, par exemple, et de réhabiliter quelques formations trop vite disparues. Le livre est scrupuleux, ne favorise aucune tendance, n’écarte aucune « déviation », qu’il s’agisse des simples suiveurs de Dream Theater, des moins conformes représentants de l’« Euro-metal » symphonique/néoclassique, de la scène extrême, des hordes venues du Nord ou encore de tous les groupes évoluant aux frontières du genre. Un chapitre final est même réservé aux artistes n’ayant pas eu droit à un développement dans la narration principale. Des photos couleur en encart, une préface de Steven Wilson et quelques pages « ludiques » (les indispensables, l’année 1993, les reprises, …) viennent donner encore un peu de valeur ajoutée à ce pavé.

Le ton est fluide, pas rébarbatif pour un sou, et encore moins pédant ou professoral. Mean Deviation évite également l’écueil de nombreuses publications traitant du prog’, tel le côté « catalogue » faisant passer l’auteur non pour un écrivain mais pour un archiviste. Wagner n’a pas seulement réalisé un imposant travail d’historien, il étaie aussi son propos de citations tirées d’interviews qui apportent parfois un autre éclairage sur l’évolution de certains artistes.

Si certains pensent encore que le genre se résume à Dream Theater et ses déclinaisons, ils pourront revoir leur copie avec le plaisir de la découverte. Pour ce qui concerne les plus aguerris, il se peut qu’un de leurs favoris n’ait pas trouvé grâce aux yeux de l’auteur (Aghora, par exemple) ou n’ait pas été traité à sa juste valeur/influence, comme Faith No More, mais cette probabilité reste minime tant l’ouvrage s’avère complet et documenté.

Ce livre s’impose comme une référence absolue et incontournable (et accessoirement la seule) de la littérature consacrée au prog metal. S’il est illusoire d’espérer qu’il soit traduit un jour en français, il vaut largement qu’on prenne des cours intensifs d’anglais ! Et pour ceux qui seraient à court d’idées originales de cadeaux pour un ami métalleux, qu’ils soient certains qu’avec Mean Deviation ils feront un heureux !

Commentaires 

#1 StevCals 06-11-2019 14:30
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