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18 Janvier 2012

One Shot

Live in Tokyo

par Christophe Manhès

Décidément, le Japon est une terre d’accueil qui ne cesse d’étonner par sa capacité à repérer et apprécier les moindres soubresauts de la culture rock occidentale, même les plus obscurs. Car, loin des flashs et du papier glacé des magazines rock, One Shot n’a rien, mais alors vraiment rien d’une machine à tube. C’est même plutôt une fabrique à cauchemars pour toutes les oreilles nourries aux chamallows de la pop prêtes à s’évanouir au moindre jus acerbe versé dans leur cérumen ! Qu’on se le dise, l’art musical de One Shot, point de fission nucléaire entre jazz et prog, est une branlée donnée à nos pavillons, une humeur noire et poisseuse qui vous descend dans le gosier avec le visqueux cuisant de la lave. Or, si cette musique brûle les planches, elle n’en est pas moins interprétée par des musiciens au tempérament certes fauve, mais en pleine possession de leur talent. Félin n’est pas corniaud, tudieu !

Sans aucun doute, par sa densité, son répertoire et la qualité de sa prise de son, féroce, Live in Tokyo surpasse Vendredi 13 sorti dix ans plus tôt. Bruno Ruder aux claviers, le remplaçant d’Emmanuel Borghi qui a malheureusement quitté le groupe, y tient sa nouvelle chaire avec une facilité stupéfiante, mêlant sans soucis son jeu parfois hystérique à une section rythmique plus redoutable que jamais. Sombre et lourd, mais aéré par de nombreux traits de virtuosité, cet album fera donc le bonheur des aficionados de l’extrême.

Finalement, si la musique de One Shot a toujours eu un penchant évident pour les ténèbres, quoi de plus normal que, mieux que dans la lumière des studios, ce soit dans l’obscurité des salles de concert qu’elle s’épanouisse ?

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