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12 Janvier 2012

Anderson et Wakeman

The Living Tree In Concert, Part One

par David Ree

Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Ce n’est un mystère pour personne que la notion d’Amour, avec un A majuscule, est pour l’ex-chanteur de Yes un objet de quête perpétuelle, un art de vivre, et ce jusqu’à l’obsession. Interviews, apartés scéniques, et bien entendu paroles et musique signées de sa plume et empreintes d’une positivité à contre-courant du cynisme et de l’éloge de la noirceur ambiants en sont largement la preuve. Le présent album live rend hommage au recueil de chansons du même nom enregistré avec Rick Wakeman, autre figure historique de la formation britannique, et publié en 2010. Il en partage l’intention artistique, le message d’espoir et l’ambiance intimiste d’une part, et des caractéristiques formelles, notamment un certain cadre limitatif, d’autre part.

Ce dernier consiste en une combinaison voix/guitare et claviers que le duo se fait un point d’honneur à respecter pour composer son univers sonore. Mise en avant, la voix reconnaissable entre mille de Jon Anderson ordonne et indique les grandes directions à suivre. Grandiose de maîtrise dans le style unique qu’il a jadis défini, il parvient ici tout particulièrement à communiquer une sincérité interdisant tout soupçon ainsi qu’un sentiment de volupté élévatrice. Au second plan, Wakeman assure avec brio son rôle d’orchestrateur, omniprésent mais discret. Il commet d’ailleurs la seule vraie faute de goût sur l’ensemble de l’album, à savoir le choix de quelques sonorités discount d’une vulgarité complètement hors contexte – mais guère étonnante connaissant le passif du musicien en la matière.

N’était-ce les applaudissements réguliers du public, l’on oublierait volontiers qu’il s’agit là d’une performance capturée en direct, tant on approche un degré d’aboutissement de moins en moins commun dans le milieu. La scène étant l’occasion d’adapter quelques standards du répertoire classique de Yes au format acoustique restreint, le disque n’en devient que plus riche et plus dynamique, alternant moments énergiques enjoués et d’autres plus contemplatifs, là où la version studio cultivait presqu’exclusivement la seconde catégorie. L’expérience est donc vivement recommandée, et ce malgré deux trois formes d’onde en carton qui pousseraient les plus allergiques d’entre nous à fixer, avec un strabisme psychorigide, la bague en plastique autour du doigt du sage qui montre la lune.

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