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08 Septembre 2008

Rajna

Duality

par Guillaume Beauvois

Fondé en 1997, Rajna est connu pour ses contributions au mouvement heavenly voices mêlé de world music, défriché par Dead Can Dance. Après une tentative assez réussie de renouvellement avec l'album Otherwise sorti en 2006, Jeanne et Fabrice Lefebvre continuent d'arpenter leur nouveau chemin ; une voie qui s'éloignerait de plus en plus du heavenlytraditionnel pour s'approcher de la pop agrémentée d'electro.

Duality délaisse ainsi assez souvent les ambiances ethniques et laisse plus de place aux machines et aux voix, qu'elles soient l'œuvre de Jeanne Lefebvre, toujours aussi magistrale de justesse, de maîtrise et d'émotion, ou encore de cette très bonne surprise avec la présence d'un invité prestigieux en la personne de Tim Bowness de No-Man sur « We Are the Echoes ». 

Au fil de l'écoute, on peut surprendre quelques perles comme « Maetel » ou même « Lamentation », morceau qui pourrait être un hommage à Lisa Gerrard, bien que moins chargé en émotions ; « Kaloum » repose sur le même principe avec toutefois un retour bienvenu des instruments traditionnels ethniques, car c'est sur ce terrain que le groupe excelle. Rajna s'aventure également davantage sur les vagues vaporeuses de l'ambient minimaliste. « Towards the Universe », « Le toit du monde » et « I Used to Pray » montrent ainsi une facette très apaisante et méditative du groupe. 

Duality est malheureusement parsemé de moments assez plats, tels « Sun Comes to Life » et « Fallen ». De plus, le groupe peine à se renouveler et tombe dans les errements du style que sont des instrumentations répétitives et sombres sur deux accords avec des voix se lamentant sans suivre de ligne mélodique très précise. « Tree of Patience » est l'exemple flagrant du morceau qui aurait pu être intéressant mais qui ne contribue qu'à la lassitude de l'auditeur d'autant plus que l'influence de Dead Can Dance se fait très pesante. 

Dans sa volonté de se renouveler, Rajna s'est quelque peu égaré avec Duality, ne pouvant se défaire de ses tics musicaux qui plaisent tant aux fans et sans les compenser par des moments musicaux étincelants. L'album s'avère donc être assez plat et ennuyeux à partir de la seconde moitié, alors qu'Otherwise laissait augurer de très bonnes choses.

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