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25 Janvier 2008

Xang

The Last of the Lasts

par Christophe Gigon
The Last of the Lasts est le second album de cette formation instrumentale française entrée au catalogue du fameux label helvétique Galileo Records, après que le patron de celui-ci ait vu leur magnifique prestation lors d’un festival. Un premier disque était déjà sorti, sur le même label, en 1999 (Destiny of a Dream). Il aura donc fallu attendre sept ans pour que les admirateurs de cette musique ambitieuse et complexe puissent ravitailler leurs esgourdes d’une nouvelle production progressive instrumentale de qualité.

The Last of the Lasts est un album conceptuel articulé autour de Verdun et de ses trop célèbres tranchées, lieu devenu malheureusement mythique lors de la Première Guerre mondiale. Ainsi, les ambiances développées par les sept compositions forment une architecture « musicalement narrative », décrivant l’horreur de cet épisode tragique de l’histoire du XXe siècle. Musicalement, on a affaire à une musique purement instrumentale, très structurée et mélodique. Foin de démonstrations stériles chez Xang, le but n’est pas tant d’impressionner le musicien amateur que de créer des ambiances propres à faire jaillir l’émotion provoquée par ce moment noir de l’histoire contemporaine. L’ensemble est très équilibré et nul instrument ne prend véritablement le pas sur un autre, même si le tout profite agréablement de la guitare virtuose d’Antoine Duhem. L’auditeur novice pourrait penser écouter le dernier Ayreon, ou des inédits sans lignes vocales de Dream Theater sans que jamais les influences ne soient trop patentes, lourdes ou évidentes. Le côté « tout instrumental » ne gave jamais l’auditeur et l’ensemble est tellement bien réfléchi et composé que l’absence de voix en passerait presque inaperçue. S’il fallait absolument dénicher quelques bémols, on pourrait regretter que certains sons de claviers sonnent particulièrement datés et que la production, certes propre, ne fait jamais vraiment montre d’une grande originalité. C’est un enregistrement correct, bien que certains bruitages et effets sonores, s’ils participent au concept général de l’ensemble, ne rendent pas l’écoute du disque plus agréable, loin s’en faut !

Un album de qualité, particulièrement bien construit, qui satisfera davantage les amateurs de musique instrumentale de haute voltige (« Metropolis part. I » de Dream Theater) que les fous fondus d’ambiances oniriques et éthérées telles que celles développées dans des productions désormais incontournables comme Brave de Marillion ou The Lamb Lies Down on Broadway de Genesis. Un disque intéressant, dans tous les cas !
  • Année: 2006
  • Label: Galileo Records

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