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18 Mars 2003

Devin Townsend

Accelerated Evolution

par Sami M.

Pas facile, même pour un génie, de fournir de dignes successeurs à une lignée d’albums atypiques qui comptent en leurs rangs des références telles que Biomech ou Terria ! Aujourd’hui, et peu de temps après la dernière offrande de S.Y.L, le décidément très prolifique Devin Townsend nous revient avec un nouveau projet : Accelerated Evolution.

Tout album solo du maître est une entité à part, qui s’attache à retranscrire, l’espace d’un disque, une unique atmosphère. Après les profondeurs aquatiques d’Ocean Machine ou le délire schizophrénique d’InfinityA.E.se propose « d’explorer le spectre des relations humaines », offrant ainsi un pendant intéressant à la haine paroxystique et déshumanisée de S.Y.L.
Dès les premiers accords de « Depth Charge », l’auditeur se retrouve en terrain connu : la « patte » Devin est immédiatement identifiable : guitares agressives, surmultipliées et utilisées en nappes, omniprésence des chœurs... le voyage peut commencer. Arrive « Storm », plus calme, plus nostalgique aussi, suivi du frénétique et presque maladroit « Random Analysis ». L’album semble prendre soudain un tour plus sombre avec « Deadhead » et « Suicide », avant de s’éclaircir sur «Traveller » et ses sonorités très Rush. Puis l’instrumental « Away » nous rappelle que l’ex-vocaliste de Steve Vai est loin d’être manchot, et sait rendre respect à son Pygmalion ! Le tyran de Burnaby revient derrière le micro pour la très contemplative « Sunday afternoon », réminiscence des meilleurs moments de Terria, avant de conclure l’album sur une note inhabituellement gaie, avec « Slow me down » qui, avec ses accents ouvertement pop, sent bon la chasse au single, et rappelle que même les grands ont besoin de manger !

Au sortir de l’écoute d’Accelerated Evolution, tout satisfait de s’être régalé de superbes titres, on doit tout de même s’avouer surpris, voire déconcerté : en effet, et contrairement à tous les opus précédents du canadien, point d’unité dans l’atmosphère : la plupart des titres constituant A.E.pourraient se distribuer sur des oeuvres antérieures…Véritable défaut ? Peut-être pas, car, à la réflexion, la vacuité stylistique et émotionnelle de cet album n’est peut être en fait que le reflet musical des passions humaines, de leurs orages, et de leurs éclaircies ! S’agirait-il d’une conclusion en forme de mise en abîme ? 
Chapeau bas, l’artiste.

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