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14 Janvier 2008

Prisma

Collusion

par Jérémy Bernadou
Décidément, les terres suisses sont un formidable vivier de talents, y compris dans la nébuleuse progressive mise en avant par deux festivals à la renommée croissante, les Montreux Prog Nights et le Progsol. Lors de l’édition 2007 de ce dernier (voir notre article), Prisma s’est démarqué par sa musique, taillée pour la scène. Cette efficacité se retrouve sur ce premier album, voyant le jour six ans après leurs débuts. Pendant tout ce temps, les musiciens ont eu le temps de rôder leur technique, un travail qui se ressent dès les premières notes.

Souvent comparée à Tool, la musique de Prisma va bien plus loin que le simple plagiat. Certes, la ressemblance est frappante dès les premières minutes, notamment du fait du chant de Michael Luginbuehl, doté des mêmes particularités que celui de Maynard James Keenan. Les intonations, les passages chuchotés, tout est comme dans l’original. Cependant, notamment grâce au soutien d’instrumentistes plutôt tournés vers le rock progressif et les musiques alternatives, la parenté se fait moins évidente au fil des écoutes. Au travers de titres souvent plus courts, moins atmosphériques et torturés que la formation de Los Angeles, les Suisses vont droit au but, et cette démarche est payante. A travers des riffs accessibles et des mélodies taillées pour le live, Prisma convainc rapidement, avec de sérieux atouts en poche. De plus, la production de haut vol rend parfaitement justice aux membres du groupe et met en relief des orchestrations de très bon goût, comme sur le final de « Perseverance », qui clôt l’album avec des arrangements très riches.

Les compositions sont assez homogènes et ne souffrent pas de temps morts gênants. Cependant, cette constance met en relief une certaine linéarité, un manque d’expérimentation pour une musique qui s’y prête pourtant allègrement. Les structures manquent de variété, et le groupe exploite trop peu ses nombreuses possibilités. De ce fait, les titres les plus éloignés de leur style d’origine voient leur efficacité accrue. « Normal State » par exemple, avec son introduction typiquement grunge et son développement progressif, semble sortir du lot. Les refrains sont aussi une spécialité du quartette : souvent plus incisifs que les autres sections, ils forment une accroche bienvenue pour une grande partie des titres.

A n’en pas douter, leur personnalité s’affirmera au cours de leurs prochaines sorties. Malgré ces quelques déceptions tout à fait logiques pour un premier album, le potentiel du groupe est évident, et ce Collusion les propulse parmi les révélations de la scène helvétique. A suivre de très près !
  • Année: 2007
  • Label: Galileo Records

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