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11 Janvier 2008

Pink Floyd

Wish You Were Here

par Djul
Nous ne rentrerons pas dans l’éternelle géguerre entre les « pro-Dark Side » et les « pro-Wish You » pour savoir lesquels de ces deux albums est le meilleur. Nous ne ferons que constater leur succès artistique et commercial considérable qui a, sans aucun doute, fait que Pink Floyd a surclassé tous ses confrères progressifs de l’époque, pour finalement sortir de ce genre tant il toucha le grand public. Nous pouvons également ajouter que si Dark Side of the Moon est un concept, Wish You Were Here est un indéniablement un album, avec des titres de durée et d’intensité variables, loin de l’homogénéité – sans aucun sens péjoratif – de la face cachée de la Lune. Mais il y a des similitudes entre les deux disques : les interventions équilibrés de chaque membre du groupe, une production (très) en avance sur son temps, et des sonorités (notamment de claviers) qui se modernisent alors qu’à l’époque (1973-1975), les clavecins à la Wakeman sont à la mode… .

Qui ne connaît pas « Shine on You Crazy Diamond », ode à leur ancien leader damné, Syd Barrett, cette longue introduction de Gilmour à la guitare, suivi de Wright, ce refrain puissant appuyée par de magnifiques chœurs ? Sa suite, qui clôt le disque, est en revanche injustement méconnue. Subdivisée en plusieurs parties où chaque membre à un rôle particulier, et où Wright fait merveille avec des sons totalement inédits, elle ne doit cette indifférence qu’à sa forme presque exclusivement instrumentale. A eux deux, et en neufs parties, « Shine on You Crazy Diamond » est l’un des epics du progressif qui a le mieux vieilli, mais surtout sur lequel pas une seconde ne peut être taxée de remplissage.

Les trois morceaux restants réussissent le tour de force de devenir eux aussi des classiques, en conservant un format tout à fait conventionnel. « Welcome to the Machine », hymne futuriste, est un titre robotique et angoissant, sur lequel David Gilmour réalise l’une de ses plus belles prestations vocales. « Have a Cigar », où l’ironie de Waters atteint des sommets (le morceau décrit l’ascension d’un jeune musicien, manipulé par un grand ponte de « l’industrie musicale »), possède une très bonne dynamique, avec le riff anthologique de Gilmour. Enfin, « Wish You Were Here » est encore un « tube » pour le Floyd, dédié à Syd Barett, un titre acoustique mais imparable.

Il est étonnant de constater, plus de trente ans après, à quel point ce disque sonne moderne, plus semble-t-il que Dark Side of the Moon. L’équilibre entre les morceaux est aussi parfait, ce qui est un exercice bien plus difficile lorsque l’on compose un album et non un concept. Un incontournable !
  • Année: 1975
  • Label: EMI

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