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01 Janvier 2008

Bear Claw

Slow Speed : Deep Owls

par Jean-Daniel Kleisl
Deux constations d’ordre général avant de débuter cette chronique :

a. Ce n’est pas parce que Steve Albini (enregistrement, mixage) et Bob Weston (mastering) sont des ingénieurs du son mythiques que chaque disque qui sort de leur studio (Electrical Audio à Chicago) est une perle.

b. Ce n’est pas parce que votre serviteur apprécie Shellac, le groupe des mêmes Albini et Weston, et particulièrement son dernier album, qu’il va s’agenouiller sur chaque production s’en approchant de près ou de loin.

Bear Claw vient du sud de Chicago et, comme on le faisait il y a une petite quinzaine d’années, joue du noise rock de la région – on peut appeler aussi cela du post punk, tout genre provenant de Chicago commençant invariablement par post. Ses accointances avec Shellac et d’autres groupes (Thumbnail, Unwound) du même cru sont patentes. Il n’est donc pas étonnant de voir Albini aux consoles. De plus, Bear Claw, qui sort avec Slow Speed : Deep Owls son second disque, emprunte les structures alambiquées de son renommé prédecesseur. Enfin, le groupe possède aussi le même type section rythmique impeccable et implacable.

Tout cela semble très intéressant sur le papier, ceci d’autant plus que Bear Claw évolue dans une composition pour le moins originale : deux basses et une batterie. Le premier titre éponyme, un instrumental, met l’eau à la bouche avec cet entremêlement de lignes de basses même si c’est une entrée en matière assez calme pour du noise rock. Et comme d’habitude, la patte d’Albini est audible dès les première mesures de l’album : section rythmique très avant dans le mix, gros travail sur la dynamique, voix en retrait (dès le second morceau).
C’est une chance que la voix soit en retrait tant elle est exécrable ! N’ayons pas peur de le dire, elle enlève à elle seule tout le plaisir de l’écoute. En effet, on se prend à espérer que le groupe va insérer quelques instrumentaux mais que nenni ! Et ils aiment cela les Bear Claw, chanter, hurler à tout va et surtout totalement faux ! C’est du noise rock, me signale-t-on à l’oreillette. En effet, mais cela n’induit pas de « saloper » obligatoirement le boulot !

Enregistré dans un climat live, habituel chez Albini, et vraisemblablement en une semaine tout au plus, Slow Speed : Deep Owls aurait pu être un superbe album de rock’n’roll avec cette section rythmique haute en couleur, ses mélodies et structures travaillées, mais tout est gâché par ces vocaux qu’il est impossible d’oublier, même sous-mixés. Dommage !
  • Année: 2007
  • Label: Sick Room Records

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