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05 Juillet 2011

X Opus

The Epiphany

par Jean-Philippe Haas

X Opus, c'est avant tout James Williams, guitar hero traumatisé par Yngwie Malmsteen et ses nombreux avatars. Bien qu'il se soit à présent entouré d'un vrai groupe, cet adepte du metal symphonique a enregistré lui-même la plus grande partie de The Epiphany, album cathartique si l'on en croit ses dires. Pour occuper le poste-clé de chanteur, Williams a fait appel à Brian Dixon et David Crocker, pur produits de l'école speed/néoclassique.

Passablement amateure et à la limite du cliché, la pochette résume assez bien le contenu de l’œuvre. Symphony X, Adagio et Rising Force sont aux premières loges d’un théâtre où se joue une pièce qui n’en est pas à sa première représentation. Tout y passe en matière de metal néo-classique : titres glorieux, aux refrains mémorisables et taillés pour la scène (« On the Top of the World », « I'll Find the Truth »), grandiloquence drapée d'une complexité un peu vaine (« Pharaoes of Lies », « Forsaken »), chœurs et orchestre en carton, et final instrumental emphatique à l’excès (« Never Forgotten »). Williams saisit, sans la moindre hésitation, la moindre occasion de chauffer au rouge ses cordes et imiter ses idoles. Quelques hurlements « tendance » et parfaitement inutiles accompagnent cette démonstration de non-innovation musicale. Hormis l’indéniable dextérité du maître de cérémonie, il n’est pas aisé de trouver à cet album des qualités marquantes.

Ainsi, The Epiphany ne surnage guère parmi les pelletées de sorties similaires qui elles-mêmes assurent péniblement la survie d’une espèce consanguine et vouée à la disparition. Par ailleurs desservi par une production et un mixage « faits maison » ce premier disque a toutes les chances de passer totalement inaperçu. Il faut souhaiter que le groupe nouvellement constitué autour de son créateur puisse lui donner rapidement un successeur plus convaincant.

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