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01 Juillet 2011

Yes

Fly From Here

par Pierre Graffin

Yes connaît une carrière en dents de scie depuis 1994, alors que le lumineux Talk marquait le retour du line-up auteur du succès planétaire « Owner of a Lonely Heart ». Les efforts studio suivants furent au mieux passables (The Ladder) au pire complètement ratés (Open Your Eyes). Les fans furent néanmoins surpris d’apprendre que Geoff Downes aux claviers (très inspiré sur le dernier Asia) et Trevor Horn aux manettes revenaient à l’occasion de ce très attendu Fly From Here. Cette mouture, à l’origine de l’excellent Drama, il y a plus de trente ans, laissait en effet espérer de grandes choses…Et il est bien inutile de tourner autour du pot : ce retour est une surprise aussi inespérée que quasi miraculeuse.

« Fly from Here », le morceau titre, est une ancienne composition apparaissant sur quelques enregistrements plus ou moins officiels de Yes et des Buggles. Elle est ici étendue sur une vingtaine de minutes, divisée en six parties construites dans la plus pure tradition : une thématique développée par chacun des membres du groupe puis une reprise collégiale avec un final en feu d’artifice. C’est brillamment construit, les enchaînements sont remarquables, la guitare de Steve Howe fait des merveilles (les slides floydiens sur « Sad Night at the Airfield »), bref : voilà tout simplement la meilleure longue pièce du groupe depuis « Endless Dream ». La production, exemplaire, apparaît ici dans toute sa splendeur : chaque instrument est bien présent, y compris dans ce maelström final où les choeurs côtoient les nappes de clavier, la guitare, la basse avec une précision redoutable... Évidemment, comme c’est souvent le cas, on se dit alors que les autres titres, après un morceau aussi ambitieux, vont frôler le remplissage mais ce n’est pas (trop) le cas. « The Man You Always Wanted To Be » est une ballade tirant agréablement vers la pop, avec un refrain plutôt réussi, « Line on a Film Set » parvient à développer une atmosphère très particulière et « Into The Storm » boucle ce bel album sur une jolie note, à la fois épique et virtuose. Quant aux autres...

Petit bémol néanmoins : « Solitaire », l’inévitable et inutile solo de Steve Howe, inégalement inspiré depuis trop longtemps. On pourrait aussi débattre sur la voix de Benoît David mais le Québécois s’en sort plus qu’avec les honneurs et parvient même à faire oublier parfois l’absence de Jon Anderson. En conclusion, Fly from Here est un véritable retour gagnant, une franche réussite et un disque qui s’inscrit d’emblée dans la longue liste des classiques du groupe. Une authentique et vénérable gageure après plus de quarante années d’exercice. Cet album devrait mettre tous les fans de Yes d’accord : ceux de l’ère Trevor Rabin comme les autres.

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