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23 Mai 2011

The D Project

Big Face

par Jean-Philippe Haas

Au Royaume de l’Âge d’Or du Progressif, le souverain en place depuis quatre décennies n’a guère de souci à se faire pour son trône. En effet, depuis tout ce temps, il a toujours su satisfaire les doléances d’un peuple vieillissant éternellement plongé dans une douce torpeur nostalgique à peine agitée de quelques soubresauts de modernité. Cette année, il leur offrira le troisième album de The D Project.

Fort de la reconnaissance dont ont bénéficié ses deux premiers disques, le groupe emmené par Stéphane Desbiens et Francis Foy emprunte avec Big Face une voie désormais bien définie. Fidèle à ses habitudes, la formation québécoise s’est entourée de quelques invités comme Bartek Kossowicz (Quidam), Lalle Larson (Agent of Mercy), ou encore l’irremplaçable Tony Levin (sur le titre d’ouverture « They »).

Si le propos s’est légèrement lissé depuis Shimmering Lights pour se rapprocher ostensiblement du Pink Floyd des années quatre-vingt (« Don’t Tell The Kids »), Big Face reste une œuvre dense, ambitieuse, qui, loin de se cantonner au progressif, explore très largement le spectre du rock. Ainsi, folk, hard rock et symphonisme se taillent une bavette sur « Anger I & II » tandis que l’instrumental « Conspiracy » mêle successivement guitare latine, metal prog et jazz fusion. Certains titres font plus largement appel aux canons du rock progressif classique (« Big Face ») tandis que d’autres affichent avec arrogance une efficace simplicité, comme « So Low », véritable tube en puissance.

Bien que le disque perde un peu de sa superbe sur une seconde partie plus inégale, il reste hautement recommandable, ne serait-ce que pour le voyage musical qu’il propose. En l’espace de trois albums, The D Project sera devenu l’une de ces rares formations dont on attend avec impatience la prochaine livraison.

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